L’être humain, qu’il soit féminin ou masculin, est-il fidèle seulement du fait de contraintes morales, religieuses ou sociales?

En fait, la fidélité est-elle un comportement naturel inscrit dans les gênes oubien est-ce un comportement acquis par la nécessité ?

Dans de nombreuses sociétés qu’elles soient animales ou humaines, la fidélité à un seul partenaire reste l’une des valeurs essentielles pour assurer la cohésion du groupe.

D’où vient donc ce mystérieux comportement que l’on peut observer dans bien des espèces vivantes ?

Pourtant dans le monde vivant sexué, bien des mâles et des femelles multiplient les partenaires sexuels après les avoir choisis selon des critères bien précis : en tête de tableau sont retenus les plus forts, les plus beaux, les plus ingénieux, les plus rusés. Aux yeux de leur « belle », ils auront plus de chance que les faibles, niais et moches pour engendrer de valeureux rejetons d’abord, puis pour défendre la future petite famille. Le choix étant fait, tout ce beau monde se mélangera les papilles pour, de façon innée et instinctive, augmenter les chances de brassage des gênes et au final pour assurer la survie de l’espèce.

Chez les animaux, de belles histoires soulignent de troublantes conduites. Les couples de loups feraient preuve d’une fidélité absolue, chez les manchots empereurs la monogamie serait de règle, certaines oies du grand nord resteraient seules après le décès du conjoint, les corbeaux seraient fidèles et monogames, le champion de la fidélité serait le castor….Pourquoi eux et pas les autres ? La réponse n’est pas encore trouvée

Certains sociologues soulignent qu’il existe chez l’homme des bases biologiques de la fidélité liées à « l’instinct d’attachement » dans l’enfance. Celles-ci seraient à rapprocher du besoin d’être relié l’un à l’autre et à « la pulsion d’agrippement ». Chez l’adulte, cet instinct d’attachement, d’agrippement se traduirait par un besoin irrésistible de contacts au niveau de la peau, au niveau affectif, au niveau sexuel. Au niveau psychique et spirituel le « besoin de sécurité et d’accomplissement aboutirait au besoin d’un grand amour où la fidélité aurait une place essentielle».

Traditionnellement, être fidèle, c’est n’avoir qu’un seul partenaire dans les domaines affectif, sexuel et psychique. Lorsque le mariage était fondé sur d’autres finalités que l’amour – alliances politico-familiales, religion, transmission de biens -, la femme devait faire preuve d’une fidélité absolue sous peine d’être punie, bannie, emprisonnée ou même lapidée…

La plupart des sociétés réprouvent l’adultère, c’est-à-dire la tromperie vis-à-vis de l’engagement tacitement contracté. Depuis peu, dans de nombreux pays, les époux adultères sont égaux devant la loi. Avant cette date, l’infidélité féminine était un délit en toutes circonstances alors que celle de l’homme n’était déclarée coupable qu’au domicile conjugal. La levée des contraintes morales et matérielles éloigne la condamnation sociale unanime qui pesait jusqu’alors sur l’adultère.

La fidélité évolue donc en même temps que la société se transforme. Les femmes ont eu accès à la contraception et au monde du travail, elles ont acquis des droits leur autorisant une existence sentimentale et sexuelle hors des législations écrites par les hommes.

Aujourd’hui l’engagement à deux repose plus sur les sentiments qu’autrefois. Il n’est plus renforcé par des règles religieuses, économiques et sociales. Les liens sont donc moins nombreux et donc plus fragiles. Pour durer, l’engagement demandera de l’amour bien sur et paradoxalement encore plus de fidélité de la part des partenaires.

L’on observe une augmentation des candidats à une double ou parfois triple vie sentimentale. Ceci est la conséquence d’un besoin de renouveau, d’une volonté de concilier la stabilité confortable d’une vie de famille avec le piment d’une aventure extraconjugale.

Pourtant, la fidélité est-elle en perte de vitesse ?

Non, cette valeur ne semble pas prête à disparaître !

Pour 70 % des femmes, la définition du bonheur, c’est d’avoir un mari fidèle…et comme un homme est habituellement infidèle avec une femme, l’on peut paradoxalement penser qu’une majorité d’hommes et de femmes infidèles seraient pour la fidélité.

Docteur Henri PULL

N’oublions pas, la semaine prochaine c’est la St Valentin ! Rendez-vous avec votre chronique et … tout sur « Le coup de foudre ».

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