Le « c’est à moi » a été toujours plus fort que le « c’est à lui » pour l’homme, et cela depuis l’aube des temps.

Dès le jardin d’enfant le tout petit s’attachera à prendre tel ou tel jouet, par la force s’il le faut, persuadé d’en être le seul légitime propriétaire.

Les hurlements d’indignation du camarade dépossédé le laisseront de marbre ; seul son bien-être primera.

« Je veux ce que tu possèdes ! »

Beaucoup plus tard … cette notion restera enfouie dans notre inconscient et nous demandera de solides défenses psychologiques pour être inversée.

Le désir impérieux de s’emparer du bien de l’autre se transformant en altruisme, en générosité et en véritable sens du partage.

Ces valeurs, renforcées par l’éducation, la culture et la religion, ne « craqueront » qu’en situation de péril extrême ou de souffrance psychologique majeure.

La prise de conscience de ce que l’autre a, ou est censé avoir, en opposition avec ce que l’on pense ne pas avoir, éveille dans l’inconscient de chacun une angoisse de dépossession, de perte, aboutissant à un sentiment de manque insupportable.

Ce sentiment induit un désir agressif de prendre ou de reprendre à l’autre ce que nous n’avons pas reçu ou ce qui nous a forcément été pris, puisque nous ne l’avons pas.

L’envie, la jalousie, véritables tortures pour celle ou celui qui les vit au quotidien, auront un effet destructeur et réducteur.

L’envieux ne pourra se réjouir du succès de son voisin sans se sentir pauvre de son propre insuccès, il limitera ses rapports sociaux à ceux qui le mettront en valeur, il « rancira » dans la solitude sans y prendre garde, éloignant de lui ses amis et fuyant les challenges.

L’envieux ne pourra jouir de ce qu’il aura, étant en perpétuelle réclamation face à l’injustice qui l’opprime, il fuira les situations créatrices d’envie pour ne pas en souffrir.

Il ne se remettra que rarement en question, les « autres » étant à ses yeux seuls coupables de son mal-être.

Une société matérialiste, fixée sur la possession de biens constitue un bon terreau pour le développement de tels troubles psychologiques.

Ne dit-on pas qu’aujourd’hui la majorité de l’humanité dépense plus d’énergie à empêcher l’autre de la dépasser qu’à avancer elle-même !

Docteur Henri PULL

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