Je parle, donc je me soigne!
Le bavardage, le commérage, le papotage, le blabla … la thérapie pour tou(te)s?

Après « je pense donc je suis », nous aurons désormais « je parle donc je me soigne ». Oui, le blabla peut libérer les tensions et s’avérer aussi efficace contre l’anxiété qu’une psychothérapie!

Discuter avec son voisin de pallier, commenter l’actualité chez le boulanger, exposer les problèmes de son petit « dernier » en faisant la queue aux caisses du magasin, souligner les incapacités de son chef et la pertinence de ses réparties en rentrant du travail, voilà qui soulage!

Et en plus, tout en papotant, nous aurons droit non seulement à l’histoire de l’autre mais à son avis auquel nous pourrons répondre par un « contre-avis ».

En bavardant, les émotions s’expriment, les tensions se disent, les craintes s’affirment au lieu de s’enfouir au plus profond de nous. Le fait que les femmes soient bavardes expliquerait qu’elles soient moins violentes physiquement que les hommes et de ce fait qu’elles soient bien moins nombreuses derrière les barreaux.

Avec un psychothérapeute, la parole est libératrice, avec un(e) ami(e) elle devient dialogue, échange et communication.
Que dire de notre coiffeur, esthéticienne, barman, kinésithérapeute, médecin ou confesseur.

En position de dépendance, en situation régressive, nous leur confions nos inquiétudes et tous connaissent, au fil des rencontres, les multiples petits secrets de notre vie!

Dans la gestion du quotidien, nous ne discutons pas à proprement parler, nous échangeons des informations pratiques. Nous sommes loin de la veillée au coin du feu, du bavardage des lavandières ou encore des discussions chez le petit commerçant du quartier.

Il faut retrouver le goût du simple bavardage, autant en famille qu’à l’extérieur de celle-ci. Quand vos enfants auront fait leurs devoirs, achevé leur goûter ou pris leur bain, parlez!

Arrêtez de les interroger comme un enquêteur et discutez avec eux. Si le ton est donné, si la quiétude s’y prête, vos enfants vous montreront qu’ils aiment papoter de tout et de rien comme ils savent si bien le faire avec leurs copains.

Ils profiteront souvent de ces instants de réel partage pour raconter ce qui les perturbe. Vous vous surprendrez à leur parler « vrai » de choses qui les touche et abandonnerez le ton de « l’éducateur » trop éloigné de leur monde.

Bien sûr, ne négligez pas non plus le dialogue avec votre conjoint(e). Vous vous êtes tellement persuadé « qu’il n’écoute plus ce que vous lui dites » que vous ne vous parlez plus du tout.

Au travail, (pendant la pause), le bavardage devient un précieux moyen de défense face aux vexations, à l’anxiété ou aux inquiétudes diverses de mère ou père de famille. Et c’est en discutant devant la machine à café, point stratégique entre tous, que l’on sera informé en premier de la mutation de l’un, de la réussite de l’autre ou des opportunités du moment.

A cette occasion prenons garde de ne pas diffuser de sombres mensonges ou de sulfureuses rumeurs concernant « la petit brune » du second et « le grand maigre » du troisième. De thérapeutique, le commérage deviendrait calomnieux. Gare au retour du bâton!

Ainsi, en bavardant, nous relativiserons la gravité de ce que nous aurons vécu en voyant se dégonfler notre boule de stress. Bref relativisation, déculpabilisation, agressivité, valorisation, plaisir, humour, séduction … tout peut passer par la parole.

Parler nous permet d’extérioriser, de placer devant soi les problèmes du moment pour leur trouver des solutions évitant ainsi l’anxiété destructrice, l’isolement destructeur et le cortège de somatisations toujours sans guérison, témoignant plus un mal-être psychique que physique.

Engagez la conversation, bavardez, jetez-vous à l’eau vous ne risquez rien, vous vous soignez!

Docteur Henri PULL

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