Ce type de réflexion, banale en soi, illustre la contradiction entre le mot loisir et le mot détente.

Le mot loisir désigne le temps dont nous disposons en dehors de nos occupations habituelles ; il représenterait en fait la récréation chère à notre enfance « studieuse ».

La détente, le relâchement d’une tension physique ou morale, va dans le sens d’un mieux-être et dans le sens d’une réparation.

Pourquoi cette incapacité à voir se rejoindre ces deux mots : loisir et détente ?

L’activité professionnelle ou habituelle occupe durant la semaine un temps déterminé ; ce temps permet à chacun de gagner un salaire, d’exercer un métier, d’assurer l’intendance ménagère et de veiller à l’équilibre raisonné des tâches pour parvenir au bien-être matériel du foyer.

Le loisir évoqué plus haut serait un temps à emplir avec des tâches supplémentaires.

Il ne serait alors qu’une contrainte supplémentaire qui « coûterait » sans autoriser un bénéfice compensatoire suffisant.

Aujourd’hui, pour beaucoup, les activités qualifiées de loisirs s’apparentent à un ensemble d’obligations au minutage souvent trop juste et à des distractions pas toujours choisies librement.

Casser le rythme habituel en sachant se poser reviendrait à éveiller des scrupules, à se sentir véritablement coupable alors qu’il reste tant à faire!

Cette dimension d’impératifs que l’on accumule et que souvent l’on se crée pour toutes sortes de bonnes raisons, désapprennent l’inaction-repos dans le sens total du terme : repos physique et moral.

Ce réapprentissage à la détente passera obligatoirement par un état des lieux du « planning – loisir », un allègement de celui-ci et un temps obligatoire d’inaction que nul ne sera habilité à distraire.

Docteur Henri PULL

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