Les populations des pays « riches » prennent du poids, le corps médical s’émeut, l’obésité complique la vie de beaucoup. Bref, rien ne va plus !

De manière insistante les questions se posent :

– Les petits et les grands peuvent-ils manger à toute heure du jour sans risque pour eux ?

– Doit-on supprimer le goûter ?

Un enfant en période de croissance réclame un surcroît de calories et d’éléments indispensables à sa construction.
Il faut en tenir compte dans sa ration journalière. Pourquoi pas au goûter ?

Le goûter, l’encas alimentaire institué dès le plus jeune âge dans nos cultures occidentales, contribue à apporter, en véritable « ravitaillement en vol », un complément énergétique à l’enfant avant les repas « principaux ».

Toutefois manger doit être obligatoirement conditionnée par la sensation de faim et non par les notions de rituels et d’horaires trop souvent retenues comme bases de l’alimentation.

La sensation de faim correspond à un signal d’alarme du corps : il réclame de la nourriture pour la transformer en énergie et en matériaux de construction pour fonctionner harmonieusement.

Goûter sans faim n’a pas plus de sens que d’essayer de remplir une bouteille déjà pleine.

En tant que parent, il faut avoir conscience de ce fait afin de ne pas s’appliquer à nourrir des enfants repus, c’est-à-dire sans nécessité organique. Lorsque nous faisons cela nous ne répondons plus à un besoin de l’enfant mais nous compensons inconsciemment un univers d’angoisses qui nous est propre.

Parmi celles-ci nous trouverons la crainte d’être une mauvaise mère, un mauvais père, le souci de bien faire, l’appréhension de ne pas être aimé(e)…

L’amour passera par la nourriture, et le don de celle-ci soulagera – pour un temps – un monde d’anxiété enfoui au plus profond de l’inconscient du parent animateur du goûter.
A cela s’ajouteront les propres modèles éducatifs parentaux, les « conseils » des uns et des autres, et de façon diffuse une déculpabilisation : – je le nourris, donc il a tout ce qu’il lui faut.

Mais le « goûter » reste-t-il l’apanage des seuls « tout petits » ?

L’heure du goûter ou du casse-croûte à toute heure, est présente chez bien des adultes alors qu’ils ont achevé depuis longtemps leur croissance.

A leur sens, cet instant de répit autorisé à toute heure de la journée ne peut se passer que la bouche pleine.

Passer devant la vitrine d’une pâtisserie ou d’un « fast-food » ouvert dans des plages horaires de plus en plus larges équivaudra à réactiver ce besoin de manger, de se rassurer, de faire la pose, de se « calmer », de se remplir alors que l’on se sentira si vide, si inquiet et bien morose.

Bref cela éveillera un besoin « de réconfort » où la nécessité alimentaire n’aura nulle place.

Le goûter s’avèrera indispensable pour un enfant actif, en phase de croissance et surtout affamé.

Mais pour les autres et pour ses parents * … n’est-ce pas souvent un pansement sur des plaies psychiques non cicatrisées ?

Docteur Henri PULL Psychiatre

* Parents – Enfants 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher.

Plus dans la section

Quoi de neuf doc ?

Related Post