Une question que nous oublions trop souvent de nous poser et pourtant, nous parents, nous sommes directement responsables de la qualité imaginative de nos enfants.

Dans les premiers moments de sa vie, lorsque le nouveau-né a faim, il fait apparaître maman et le sein nourricier avec ses cris.

L’assouvissement procuré par la tétée ancrera en lui un premier souvenir de plénitude, une première représentation positive de la mère qui nourrit et qui apaise.

Dans la répétition de cette expérience heureuse, la confiance s’installera : si, dans la réalité, la mère tarde parfois à répondre à ses appels, il saura qu’elle finira toujours par surgir.

Fort de cette sécurité intérieure, il aura fait appel à l’imaginaire : il sera alors en mesure de convoquer sa représentation pour patienter, de jouer à être content comme si maman était là.

On voit, là, l’imagination à l’œuvre de façon très précoce dans ce tout premier jeu consistant, pour le bébé qui s’éveille, à fabriquer l’illusion sécurisante de la présence de maman.

Ainsi, l’on peut retenir que l’imagination ne peut surgir que dans une frustration relative, dans un décalage de temps entre le besoin et sa satisfaction.

Si ses besoins étaient toujours satisfaits dans l’instant, le bébé n’aurait pas à mettre en place des solutions imaginaires et n’aurait pas ce nouveau territoire personnel à découvrir : l’imagination.

Ainsi, satisfaire un enfant trop rapidement revient à le priver de l’espace nécessaire pour expérimenter son désir, développer sa capacité à créer des représentations.

A l’inverse, l’excès de frustration peut le plonger dans des abîmes de désespoir jusqu’à lui ôter l’envie de vivre.

Trop ou trop peu représentent un réel danger pour l’enfant et pour son imaginaire. Prenons en acte et faisons en sorte de doter nos « petits » de ce merveilleux moyen d’évasion et de création qu’est l’imaginaire.

Docteur Henri PULL

Plus dans la section

Quoi de neuf doc ?

Related Post