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Chronique numéro 484 Pourquoi donc, les voitures doivent-elles devenir, de toute urgence, autonomes ?

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Aujourd’hui, envisager une vie au domicile sans que le digital y soit absent devient une gageure.

Les objets usuels devenus communicants, qu’il s’agisse de la montre, de son téléphone, de la lampe de chevet, de la cafetière ou du pardessus …, sans trop savoir pourquoi, l’usager que nous sommes s’emploiera à les intégrer à ses besoins vitaux.

L’industrie ne cherche-t-elle pas dans un premier temps, à développer la technologie puis dans un deuxième temps, à imaginer son utilité et, au final, à nous pousser vers le besoin ?

Ce qui m’intrigue, c’est le caractère universel d’une recherche vers les véhicules autonomes : brutalement, n’a-t-on pas déclaré que l’avenir appartenait au digital embarqué ?

Les messages globaux, « inconditionnellement positifs », vont dans le sens du bonheur pour tous.

En effet, quoi de plus urgent que de lire son journal ou de regarder un film, sitôt assis dans son véhicule ?

La fatigue au volant ne sera plus à craindre, l’on pourra tranquillement dormir et notre véhicule nous amènera à bon port, comme autrefois la calèche tirée par des chevaux, ramenait le cocher à l’écurie.

Et puis, n’oublions pas les personnes âgées, ni les personnes souffrant de handicap ; elles pourront se déplacer dans des véhicules automatisés malgré leurs difficultés … sans parler des enfants qui vont pouvoir aller à l’école sans que leurs parents les accompagnent.

Les ingénieurs, branchés sur les « voitures autonomes », n’ont-ils pas chiffré que 90 % des accidents corporels étaient liés à des erreurs humaines ; donc, moins il aura d’humains au volant, moins il y aura d’accident : quelle belle conclusion !

A l’aide d’algorithmes sophistiqués, permettant une totale autonomie aux nouveaux véhicules : le code de la route, avec toutes les limitations de vitesse sera respecté, les distances de sécurité, le respect des priorités, la conduite économique, la fin des embouteillages du fait de la communication entre les voitures se donnant des « tuyaux » entre elles… deviendront notre quotidien.

L’humain dans tout cela, ne deviendra qu’un empêcheur de bien rouler : sans lui aux commandes, nous rentrerons dans « le meilleur des mondes », plus écologique et tellement plus prévisible.

Ce sera la fin programmée des chauffeurs de bus, des chauffeurs de taxis, des chauffeurs poids-lourds, de la voiture individuelle et de ses « fans »… bref, la naissance d’un monde où l’humain actif aura de moins en moins de place, pour un monde plus passif, plus rationnel, plus digitalisé et plus surveillé.

En puis, pourquoi les géants du Web se mobilisent à coup de milliards de dollars dans l’aventure de la voiture autonome ?

Finie la dimension d’amateurisme dans la collecte de données du particulier, que nous sommes tous : nous serons dans une véritable matrice, notre automobile autonome qui sera capable d’explorer tous nos comportements, d’analyser tous nos parcours, d’extrapoler tous nos actes d’achat, d’imaginer nos passions et nos loisirs.

Finis, la vie privée, l’incognito des passagers transportés, le choix du trajet, le choix de l’heure de départ et de la destination.

Il faudra se plier à « l’algorithme d’optimisation » qui primera sur notre esprit de décision.

C’est là que « le business model » hyper rentable va s’y retrouver.

Les affaires ont besoin de consommateurs, les affaires ont besoin de créer le besoin, les affaires quand elles sont gagnantes à coup sûr, deviennent de vrais casinos.

Finalement, la voiture autonome, comme la maison autonome, deviendra le meilleur moyen de perdre tout secret face au monde digital.

Nous livrerons notre vie au « big data ».

Pour des raisons de confort, d’économie, de sécurité, de commodité, d’écologie, notre liberté d’aller et venir passera par le jugement du concepteur du véhicule et surtout par son intelligence commerciale.

Et puis, au final, après tout, pourquoi se déplacer ?

N’est-on pas bien chez soi ?

Nous avons des films à la demande, des jeux en ligne, des amis (et ennemis) sur tous les forums, une vie sociale dense par tweet et like interposés, de quoi se plaint-on ?

Ne peut-on pas créer autour de soi un environnement virtuel paradisiaque ?

Ne peut-on pas se faire livrer à toute heure du jour de la nuit des marchandises du bout du monde ?

Et puis, quand tout sera autonome, usines, transports, services, maisons, il va bien falloir s’occuper, mais à quoi ?

Consommer ?

L’avenir nous réserve encore bien des surprises…

Docteur Henri PULL

 

 

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Henry Pull
Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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