À l’époque actuelle, sauter dans l’avion pour aller passer un week-end à l’étranger ou une semaine sur autre continent, quoi de plus banal ?

Au retour, si ce n’est déjà fait sur Instagram ou n’importe quel autre réseau social, quoi de plus naturel que commenter des selfies devant des amis aux yeux supposés plein d’envie ?

L’on ne réalise pas, dans un monde où la consommation et les voyages deviennent un véritable métier pour les oisifs, que l’on puisse mettre à mal tout un équilibre sanitaire mondial en partant en vacances.

Évoquons un exemple :

La plupart des habitants des pays occidentaux jouissent d’une résistance, innée ou acquise, à la plupart des maladies éruptives de l’enfance dont la rougeole.

Par contre, sur d’autres continents, dont l’Afrique, les populations enfantines et adultes n’ont pas ce privilège et en meurent.

Ainsi, alors que la France déplore un seul décès du fait de la rougeole en 2019, l’organisation mondiale de la santé s’alarme d’une explosion des décès infantiles dans le monde lié à cette maladie (140 000 morts déclarés chez les enfants).

Il est à noter que, parallèlement à l’explosion touristique, le nombre global de décès liés à cette maladie dans le monde a augmenté de 50% de 2017 à 2018.

L’on soulignera l’absence de vaccination comme cause principale, mais on oubliera de spécifier que l’essentiel des sources de transmissions virales sont les mouvements de population, dont les touristes, qui sont les diffuseurs « involontaires » de toutes sortes de virus dans les coins les plus reculés de la planète qui, jusqu’alors, n’avait pas besoin de vaccination spécifique face à ces maladies.

Il va de même pour les maladies importées ; ainsi nous parlons aujourd’hui d’un coronavirus chinois qui ferait trembler la planète.

Il vient compléter toutes sortes d’affection qui prennent l’avion quotidiennement grâce à leurs hôtes « touristes / voyageur » totalement irresponsables.

Ils nous ramèneront ces maladies contactées durant leur « break WE » (parasitoses, paludisme, dengue, tuberculose…) ou des maladies originaires de leur pays d’origine.

N’oublions pas qu’il existe encore sur terre des foyers de peste et de choléra dans le monde, alors que nous réserve l’avenir « tourisme pour tous » ?

Pour faire voyager un animal d’un pays à l’autre, on le soumet à des précautions vétérinaires, dont la quarantaine, et tout le monde s’en félicite.

Lorsqu’il s’agira d’un humain, issu ou se rendant vers des environnements hautement infectieux, l’on se contentera d’un banal examen visuel ou administratif avant de l’autoriser à rentrer dans le pays.

La Chine a pris des mesures drastiques face à une épidémie qui reste malgré tout peu agressive, l’Occident et la plupart des autres pays rapatrient sans sourciller leurs ressortissants sans les soumettre à une quarantaine sanitaire stricte.

Ainsi, à leur retour, avant que la maladie ne se déclare, ils auront pris les transports en commun, ils auront visité leur famille, ils se seront rendus sur le lieu de travail, et, sans le savoir, auront partagé leur virus avec une population innocente.

Tout est fait pour qu’une épidémie, qui au départ n’aurait pu faire que quelques centaines de morts localisés, devienne mondiale, hyper médiatisée, terrorisante pour certains et extrêmement coûteuse pour la collectivité qui se doit d’être solidaire.

Ne pourrait-on pas imaginer que tout touriste quittant le territoire national de n’importe quel pays signe une reconnaissance de responsabilité face aux pathologies qu’il pourrait transmettre en allant ou en revenant de l’étranger ?

Ne devrait-on pas obliger ce voyageur à assumer financièrement les dégâts directs ou indirects, causés par les germes et pathologies qu’il risque de véhiculer d’un continent à l’autre ?

Ne devrait-on pas remettre en place une quarantaine obligatoire et entièrement financée par le voyageur avide de sensations nouvelles au retour de ses escapades oisives et tellement risquées sur le plan sanitaire pour les gens qu’il va côtoyer à son retour ?

Nous l’observons, le facteur humain avec les déplacements incessants liés aux loisirs et à la recherche du plaisir à tout prix pour échapper à la grisaille de son quotidien, n’est absolument pas évoqué dans les crises sanitaires mondiales de plus en plus fréquentes.

Le principal problème n’est pas le virus mais sa diffusion.

L’on voit ici aussi que l’insouciance du consommateur et l’argent issu du tourisme rend muet la plupart des médias.

 

Docteur Henri Pull

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