Nous voyons aujourd’hui dans la presse, tout autour de nous, une mise en garde contre les émissions de gaz carbonique qui mettront en péril l’humanité telle que nous la connaissons et non pas la planète puisqu’après notre disparition, elle sera probablement toujours là.

Une médiatique égérie nordique de cette pollution carbonée se rend à une audition au siège de l’ONU sur un voilier qui ne serait pas polluant (bilan carbone égal à zéro).

Dans la mesure où la construction d’un tel navire, de l’étude par l’architecte naval, de sa conception, de sa construction, des matériels pour sa mise à l’eau, de la logistique entourant le voyage, ne sont pas pris en compte, l’on peut comprendre que de telles affirmations frisent la bêtise.

Ainsi, le vrai bilan carbone qui nous serait utile, même si elle bouscule nos religions et le statut particulier que l’humain s’attribue par rapport au monde animal, serait d’établir un bilan prévisionnel à la naissance de chaque être humain en s’aidant d’algorithmes tenant compte des multiples facteurs qui interviendront toute sa vie durant.

Ne nous leurrons pas, chacun d’entre nous en naissant a contribué et contribue à être un foyer de pollution carbonée dont il n’avait pas conscience jusqu’à aujourd’hui.

En allant plus loin, tout enfant à naître deviendra un consommateur potentiel qui ne pourra pas forcément compenser son bilan carbone comme on le pratique en économie.

En effet, les milieux financiers ont établi des droits de polluer compensés par « des quotas de non-pollution » vendus par des pays moins polluants car moins industrialisés ou moins peuplés.

Cela reste de l’artifice : l’image d’un monde en croissance permanente, qu’elle soit industrielle ou démographique, met à mal la vision d’un monde plus vert, plus écologique et plus respectueux de la biodiversité.

La langue de bois reste de mise dès lors que l’on parlera de familles moins nombreuses mais plus respectueuses de l’éducation et de l’avenir des enfants nés.

De façon paradoxale, l’on glorifie toujours les géniteurs volontaires de véritables « tribus » qui sont loin d’envisager que leur soif irréfléchie de procréation aura des conséquences négatives sur l’environnement de leur nombreuse progéniture et de façon plus générale sur l’équilibre du cadre de vie de chacun.

L’idéal ne serait-il pas que progressivement un degré de responsabilisation individuelle fasse que l’on se contente d’un ou deux enfants par famille sans qu’il faille légiférer de façon dictatoriale ?

Une décroissance démographique responsable ne sera pas le remède à la désertification des océans, à l’accumulation des déchets, à la disparition des espèces, à la conservation d’un lieu de vie pour chacun, mais elle y contribuera.

Accueillir une naissance en souhaitant le plus grand bonheur à l’enfant et à sa famille tout en considérant le bilan carbone potentiel qu’il représente semble inhumain, et pourtant …

Docteur Henri Pull

 

Plus dans la section

Quoi de neuf doc ?

Related Post