Nous fêtons le cinquantenaire du premier pas de l’homme sur la lune. Par la suite, d’autres missions ont suivi, avec une constante, l’émission et l’abandon de déchets sans aucun état d’âme.

Je vous rassure, avant eux des missions non habitées avaient déjà déposé leurs marques sous forme de résidus de la technologie humaine qui remplit déjà nos poubelles.

Si nous tenons une comptabilité des déchets laissés sur notre satellite lunaire, de 1959 à nos jours, nous obtiendrions environ 190 tonnes.

Nous y retrouverions des restes d’engins spatiaux, des sondes, des appareils de mesure, des véhicules d’exploration et, de nombreux objets de prestige.

Ainsi, six drapeaux américains auraient été déployés sans parler des objets « officiels soi-disant chargés de sens » comme des photos ou des déclarations naïves pleines de bons sentiments.

A côté de cela, l’humour américain a tenu à ce qu’Alan Shepard, en 1971, au cours de la mission Apollo 14, tape avec son club télesopique, deux balles de golf qu’aucun caddie n’a récupéré.

Les astronautes ont aussi donné de leur personne en laissant 96 poches de déjections humaines.

Pour ne pas conserver du poids inutile, nos vaillants soldats de l’espace ont laissé derrière eux tout ce qui n’était pas indispensable.

Certains assurent même que l’analyse des poches sera sans doute fructueuse en déterminant le devenir des bactéries fécales dans une ambiance lunaire.

Au prix de l’envoi du kilo de matière sur la lune, ces 190 tonnes nous aurons coûté une vraie fortune en apportant « la civilisation du déchet » au-delà de notre planète.

Ainsi, les dépotoirs attestant de la présence de l’homme, que ce soit sur les plus hauts sommets, que ce soit au fond des océans, que ce soit dans tous les environnements censés être déclarés patrimoines mondiaux par l’Unesco, recouvrent, sous la pression du tourisme et sous la pression démographique, ce que vous nous avons tous à cœur, la nature.

L’ensemble des défenseurs de l’environnement, moi y compris, se servent malgré des discours virulents, de ce que nous appelons progrès.

Ce progrès, à l’image de la conquête spatiale glorifiée en tant que nouvelle frontière humaine, poursuit dans l’espace, ce qu’il a su si bien faire sur terre, empoisonner progressivement tout ce qu’il touche.

Docteur Henri PULL

 

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