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Chronique 495 Tatoo or not Tatoo ? La version masculine.

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Véritable art de la rue, ayant ses salons, ses modes, socialement de plus en plus présent, il rappelle singulièrement le graffiti et complète une image jugée trop banale.

Il y a une subtile différence dans les conduites féminines ou masculines face au tatouage.

Nous aborderons aujourd’hui les tendances masculines sans vouloir entrer dans la différenciation des genres.

Les zones préférentiellement choisies pour le tatouage masculin sont essentiellement le bras complet, l’avant-bras, le haut du bras, le dos, les flancs, les mollets, les mains et la poitrine.

De façon plus rebelle, certains choisiront le cou et des endroits difficiles à cacher, surtout vis-à-vis d’un emploi ou d’un employeur hostile à ce type d’art.

De façon plus rare, certains opteront pour le corps entier avec des dessins japonisants faisant référence aux yakuzas.

Sur le plan psychologique, dans la majorité des cas, il s’agit d’une très classique démarche « initiatique » dans le but de valoriser son ego en se donnant en spectacle face au miroir et face au regard des autres, dans un univers impitoyable où l’image prime.

Les raisons les plus fréquentes motivant les tatoués sont :

Se différencier des autres car l’on se revendique comme original.

Souligner sa virilité.

Apparaître comme rebelle vis-à-vis d’une société jugée trop terne.

Rejeter la norme parentale, pour une forme de marginalité.

Suivre la mode tout simplement.

Se plaire en renvoyant dans le miroir une image composée avec soin.

Plaire à l’autre et séduire à coup sûr.

Appartenir à un groupe : les surfeurs, les bikers et autres sous-groupes tribaux …

Envoyer un message concernant sa vie en constituant un véritable carnet personnel où se mêlent les souvenirs, les expériences bonnes ou mauvaises, les deuils, les bonnes résolutions …

Être un objet esthétique.

Faire passer un message, en soulignant haut et fort que l’on se moque du qu’en-dira-t-on.

Érotiser son corps en y ajoutant une forte dose de testostérone.

Diriger le regard de l’autre vers une partie précise de son anatomie (biceps, pectoraux, mains …).

Porter des tatouages porte-bonheurs, afin d’éloigner le mauvais œil.

Imiter la star que l’on admire tant.

Les thèmes choisis sont en rapport avec les angoisses archaïques enfouies chez le tatoué.

Nous retrouverons, en quantité variable, dans chacun des choix, des problèmatiques d’image (narcissiques), des angoisses de l’enfance, dont celles de castration, de dévoration, de mort ou encore d’abandon.

Les choix se portent sur des sujets qui ont tendance à se généraliser. Nous retrouvons :

Des dessins valorisants du fait du signifié, comme un fauve montrant ses dents, un aigle, un serpent, un guerrier, une arme, un être démoniaque.

Le bon vieux crâne et un univers glauque avec corbeau et araignée, qui rappellent que l’on fait ami-ami avec la mort.

Des dessins technologiques s’inspirant de la robotique, de l’espace ou de la mécanique, si possible en 3D.

Le dessin tribal démontrant que l’on aspire à des horizons lointains et que l’aventure, ça nous connait.

Les lettres et maximes censées résumer le contenu de sa vie ou ses principes.

Des arabesques donnant un sentiment de relief dans une recherche esthétique.

Des tatouages d’appartenance, comme la planche de surf, les sports mécaniques, les représentations sportives …

La montre et la boussole pour montrer que l’on n’a pas perdu ni l’heure ni le Nord.

Le tatouage de yakuza pour s’identifier à l’univers de la pègre.

L’exposition de sa culture, allant de la bande dessinée, du cinéma, de la musique, aux divinités religieuses.

Ainsi, véhiculer sur un mode graphique les valeurs qui apparaissent essentielles au candidat au tatouage, est devenu un fait social.

C’est un moyen de communiquer, d’interagir sur son physique, de combler ses lacunes psychologiques, d’animer les réseaux sociaux et de trouver un équilibre pour un temps.

Il sera toutefois prudent de faire un travail de réflexion avant de se lancer dans ce type d’entreprise qui correspond, de fait, à un marquage à vie.

Docteur Henri Pull

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Henry Pull
Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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