En reprenant le titre d’un film fameux évoquant le sort de Paris au terme de la deuxième guerre mondiale, penchons-nous aujourd’hui sur les manifestations à la « Une » de nos journaux français.

Avant d’approfondir les raisons de ces manifestations, penchons-nous sur la vision que l’on peut avoir en étant un habitant de ce « beau pays » qu’est la France.

Les « maudits Français », comme les appellent nos amis québécois, se sont toujours présentés, face au monde, comme des donneurs de leçons, comme des individualistes, comme des éternels mécontents face à un quotidien qui est souvent bien pire dans la majorité des pays voisins.

Mais en fait, qu’est-ce qui ne va pas en France ?

La spécialité de la France pour résoudre la plupart de ses problèmes, qu’ils soient écologiques, énergétiques, sanitaires, sociaux, industriels, migratoires …, est le recours systématique au vote de nouvelles lois qui accouchent, tout aussi systématiquement, de nouvelles contraintes et de nouvelles taxes.

Les nouvelles taxes ainsi votées sont présentées comme « la solution » qui permettra de sortir de l’ornière, jusqu’à la prochaine.

Or, un tel comportement existe depuis une cinquantaine d’années sans que le contribuable de base, qu’est le français au travail, n’en voit les fruits.

Cela équivaut à proposer à une population laborieuse de faire en permanence de l’apnée sans qu’elle puisse reprendre sa respiration.

La liste des taxes en France ferait rire un poète comme Jacques Prévert. Elle est d’une longueur déroutante, et elle concerne absolument tout ce qui touche à la vie du citoyen.

Il y en a de surprenantes, « la taxe sur le ski de fond, la surtaxe sur les eaux minérales, l’imposition forfaitaire sur les pylônes, la taxe sur les ordres annulés dans le cadre d’opérations à haute fréquence… » et pour finir, la taxe sur les taxes.

L’on comprendra que le français de base voit « rouge » en observant son pouvoir d’achat diminuer progressivement, au fur et à mesure que les 214 taxes et impôts écrèment ses revenus.

A cela se rajoutent de nouvelles lois contraignantes élaborées dans des cabinets ministériels sans que les précédentes aient été abrogées. Ainsi, la France aurait dépassé les 11 000 textes de loi et les 130 000 décrets étant entendu, que chaque année, de nouveaux textes viennent grossir « le journal officiel » de 23 000 pages.

Bien évidemment, bien des textes sont des doublons de lois déjà votées les décennies précédentes.

L’on voit donc aujourd’hui la France comme un pays profondément étatique, suréquipé en personnel administratif censé faire appliquer les lois, suréquipé en personnel administratif censé faire appliquer la fiscalité et suréquipé en personnel politique rarement qualifié pour sa tâche.

Et pourtant, le français se montre très attaché à un service public omniprésent et à une couverture sociale quelquefois trop maternante, stérilisante et castratrice, s’étendant de la naissance à la mort… et même après.

Vouloir tout gérer, avec des compétences souvent discutables, aboutit à l’échec de cette tour de Babel « franchouillarde » qui est économiquement non viable, sans un déficit budgétaire abyssal en constante augmentation.

Aujourd’hui, une goutte d’eau fiscale supplémentaire, ayant pour alibi la pollution carbone, a fait sauter le couvercle de la marmite.

Dans les manifestations des « gilets jaunes » se retrouve tous les mécontentements accumulés depuis plusieurs décennies.

La difficulté à résoudre cette crise populaire tient au fait que les revendications sont hétéroclites, quelquefois contradictoires, à l’image de la diversité des intérêts de chacun.

Comment éteindre le feu ?

Le pouvoir politique, d’aujourd’hui et de demain, pourra-t-il remettre en cause une gestion « ubuesque » construite depuis une cinquantaine d’années, de lois en lois, de taxes en taxes, de contraintes en contraintes, sans penser à l’essentiel : être humble, ne pas promettre ce que l’on ne peut pas tenir et ne pas accepter de dépenser l’argent que l’on n’a pas ?

Bernard Madoff, l’un des plus grands escrocs de l’histoire, n’a-t-il pas dit qu’il s’était inspiré de la gestion de l’État français vis-à-vis des retraites et des fonds publics, pour mettre en place sa « cavalerie » financière* ?

*La cavalerie est un processus financier où de nouveaux emprunts servent sans cesse à rembourser les emprunts antérieurs. Le système s’écroule lorsque l’emprunteur n’obtient pas le énième prêt : il sait alors qu’il ne pourra pas rembourser l’emprunt précédent.

Docteur Henri PULL

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