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Chronique 480 The Golden Rice, le riz doré en français, le couteau suisse « OGM » contre la faim !

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Le riz, céréale la plus consommée dans le monde, a eu droit à son tripatouillage en laboratoire pour produire du « beta carotène », précurseur de la vitamine A.

Il a été mitonné pour le bonheur de ceux qui sont en carence en vitamine A, vitamine indispensable pour le bon développement oculaire de l’enfant,…

Voici la solution présentée, à grand renfort de publicité, par les grandes sociétés productrices de produits génétiquement modifiés comme ASTRAZENECA ou le fameux MONSENTO.

De permettre à tous d’avoir accès à un apport en provitamine A apparaît comme un super lapin sorti du chapeau !

Et dire que la nature n’y avait pas pensé toute seule… heureusement que la génétique agricole est là pour corriger l’imperfection du monde végétal.

Ainsi, plus besoin pour les consommateurs pauvres de prévoir un apport vitaminé : le « tout en un » leur est gracieusement offert sans contrepartie officielle.

Ils pourront continuer à consommer de façon traditionnelle un riz OGM, aux vertus cachées pour une santé garantie.

Mais, a-t-on bien mesuré les tenants et aboutissants de ce produit qui devrait prospérer dans toutes les rizières du monde ?

Ne créera-t-il pas de nouveaux problèmes plus graves que la malnutrition ?

La mutation de laboratoire restera-t-elle fixée sur le grain de riz ou migrera-t-elle sur d’autres programmes génétiques du monde végétal, animal ou humain ?

Les pays du Sud, représentant 3 milliards de cobayes, dans lesquels ce riz serait cultivé en masse, pourront-ils assurer de façon efficace les essais indispensables permettant de contrôler l’innocuité de la culture aux trois niveaux : sanitaire, agricole et environnemental ?

La recherche a été entreprise et financée par des institutions publiques ou caritatives et les auteurs mettent l’accent, de façon fortement médiatisée, sur le caractère humanitaire de leur travail.

Ils ont annoncé dans diverses déclarations publiques que les semences génétiquement modifiées seront offertes gratuitement aux agriculteurs pauvres des pays du Sud.

Or leur production ne leur appartient pas totalement : elle tombe en effet sous le coup d’une multitude de brevets et MTA (material transfer agreement), détenus pour la plupart par les multinationales du secteur agro – alimentaire.

AstraZeneca s’est engagée à prendre en charge les essais additionnels requis à la fois au niveau sanitaire et environnemental, à négocier avec les détenteurs de brevets et MTA liés au riz doré, et d’assurer la distribution gratuite des semences aux agriculteurs pauvres des pays du Sud .

Par ailleurs Monsanto, détenteur d’un brevet protégeant l’un des gènes impliqués dans la synthèse du b-carotène, a annoncé publiquement la mise à disposition gratuite du brevet pour raisons humanitaires.

En arrivant à faire produire des OGM massivement dans les pays du Sud où l’opinion publique est affaiblie ou muselée, les grandes firmes provoquent une situation de fait accompli du « tout OGM », avec l’effet boomerang du retour triomphant sur le marché agroalimentaire, ô combien juteux, des pays riches.
N’existe-t-il pas des solutions moins risquées pour l’environnement et la santé pour soigner ce mal tragique de la pauvreté que les OGM pour tous?

Une agriculture durable et diversifiée n’est-elle pas une solution plus juste, moins coûteuse et mieux adaptée à l’environnement ?
Plus fondamentalement encore, la question de la faim dans le monde, des maladies et de la pauvreté dans le Sud ne sont-elles pas avant tout des questions sociales, politiques, économiques … ?

Rendre une population dépendante du bon vouloir de grands groupes, propriétaires exclusifs de brevets génétiques agricoles, un espoir d’avenir pour ces populations ?

Et si l’on évoquait l’éducation et la décroissance démographique comme solutions durables face au réchauffement climatique, à la pollution, à la déforestation, à la disparition des ressources et au final, à cette pauvreté, si chère au cœur de nos ONG.

Sinon, après le riz doré, le soleil vert*?

 

*Référence au film : « soleil vert » de 1973.

 

Dr Henri PULL

 

Mon dernier livre « L’Omerta alimentaire », aux éditions  «  mélodie des mots », est désormais disponible sur les grands distributeurs du net comme « Amazon », « priceminister », « cultura » … et bien d’autres.

Favoriser sa vente, c’est déjà un acte contre l’obésité qui tue.

 

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Henry Pull
Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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