Après la vache folle, la grippe aviaire, la scrapie du mouton, voici la grippe porcine.

Tous les animaux qui approchent l’homme, pour reprendre la fable de La Fontaine « ne meurent pas tous, mais tous sont atteints ».

L’actualité manquait de sel, les attentats suicides n’émouvaient plus suffisamment les téléspectateurs que nous sommes, voici le cochon et sa grippe.

Le risque d’une pandémie, l’éventualité d’une mutation du virus animal pour un virus mortel chez l’homme ne doit plus rester virtuelle mais bien réelle.

Rassurez-vous, rien n’est préparé pour de telles éventualités aux conséquences imprévisibles.

Les masques devant les orifices buccaux et nasaux constituent le seul rempart face au virus mutant.

Encore faut-il convaincre le virus de ne pas attaquer les malades potentiels ainsi repérables donc protégés.

Vite, vite, l’inquiétude doit déferler sur la planète en quelques heures.

L’épicentre du séisme viral, le Mexique, est oublié.

Les consommateurs sur tous les continents regardent d’un œil suspect le charcutier et son étal chargé de cochonnailles.

L’éleveur porcin se trouve contraint d’énumérer les mesures sanitaires mises en place pour que les élevages porcins concentrationnaires soient exempts de tout microbe.

L’élevage en batterie, l’industrialisation sans surveillance poussée de l’alimentation animale, la course à la rentabilité et à la productivité restent bien là pour nous concocter de nouvelles maladies mutantes.

L’animal, comme tout être vivant sur la planète bleue, mérite un brin d’humanité.

Vouloir le considérer uniquement comme une ration alimentaire sans lui garantir un respect et confort minimal me paraît monstrueux.

En rajouter une couche en le présentant comme l’unique vecteur d’une pandémie catastrophique, équivaut à nier les causes pour privilégier l’analyse des conséquences.

Nous assisterons sans doute à des abattages massifs de cheptel suspect ; l’on suivra pendant quelques semaines les cours du porc sur les marchés financiers, le consommateur prudent négligera le rayon saucisson pour se jeter vers ce qui demain sera montré du doigt.

Enlever ses œillères pour un présent et un futur moins irrationnel, c’est ce que la crise financière actuelle nous apprend à grand coup de fermetures d’usines.

Refuser de faire de même pour exiger une alimentation humaine respectueuse du monde animal, serait nous exposer à des crises de panique répétées et médicalement ingérables.

C’est sans doute pour cela que des restaurants exotiques, proposant des viandes tout aussi exotiques allant du zèbre au kangourou, en passant par les insectes et les reptiles, ouvrent leurs portes.

Avant que tous ces animaux abattus et mitonnés ne se retrouvent atteints d’un virus transmissible à l’homme, on aura le temps de voir venir se rassure le « gastronome » à l’estomac sans scrupule!

Docteur Henri PULL

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