L’histoire d’Œdipe se rapporte à l’antiquité et a été reprise en psychologie pour caractériser les étapes du développement psychique de l’enfant face à ses parents.

Laïos est roi de Thèbes. Marié à Jocaste, il a un enfant: Oedipe. Les oracles annoncent que cet enfant, quand il aura grandi, tuera son père et épousera sa mère.

Evidemment, Laïos n’est pas d’accord et décide de tuer l’enfant. Il confie cela à un guerrier qui, au lieu de le tuer, va le perdre dans la forêt. Un couple de bergers le recueille et l’élève.

À la puberté, il va à la ville de Thèbes, sans savoir qui il est. Il rencontre un vieillard qui, pour ne lui avoir pas laissé le passage, le combat. Oedipe le tue.

À l’entrée de la ville, il rencontre le sphinx femelle défenseur de la cité, la terrorisant en fait complètement: elle a l’habitude de poser des énigmes aux habitants qui ne doivent la vie sauve qu’à une bonne réponse.

Jusque-là personne n’a pu répondre à ses énigmes.

Le sphinx pose la devinette suivante à Oedipe: “Quel est l’animal qui marche à 4 pattes le matin, à 2 pattes à midi et à 3 pattes le soir?”

Oedipe trouve la réponse (l’Homme) et rentre en héros à Thèbes.

La ville lui propose de monter sur le trône, puisque la place est libre. Il épouse Jocaste, en a des enfants et durant 15 ans vit le bonheur.

Puis la peste ravage la ville qui demande pourquoi à l’oracle: “La peste est la punition des Dieux vis à vis d’un parricide et d’un inceste”.

Oedipe découvre qu’il s’agit de lui: il a tué son père, ce vieillard devant qui il ne s’était pas écarté, et a épousé sa mère, la veuve de ce vieillard.

Il se crève les yeux de désespoir, Jocaste se pend. Antigone sa fille l’accompagne hors de la ville qui l’a chassé.

Le stade œdipien ou l’Oedipe du garçon se situe généralement entre 3 ans à 5 ans.

Le garçon reste attaché à son premier objet d’amour, sa mère, mais cet attachement n’est pas entier. Il veut la séduire tout en la rejetant.

Il est en rivalité envers le père, jaloux de sa puissance et de ses droits. Il y mêle l’amour, l’attachement.

Cette affection, ajoutée à la crainte de la castration fait qu’il devient un “Oedipe inversé” où, paradoxalement, il a des phases durant lesquelles il séduit le père et rejette la mère.

L’enfant s’identifie aussi à la mère et au père (impressions de “complicité” entre hommes). Position ambiguë et essentielle dans son développement psychologique. Être en bons termes avec le père atténue indéniablement la peur de castration.

C’est l’identification au père qui va permettre au garçon de sortir de l’Œdipe et être capable d’avoir une vie sociale « à l’extérieur du cercle familial ».

Il y a donc d’abord désir Œdipien, tempéré par la menace fantasmatique de castration. Surgit alors l’angoisse, surmontée grâce à l’identification, résolution puis fin de l’Oedipe.

L’Oedipe de la fille.

Au contraire, chez elle c’est l’angoisse de castration qui la fait entrer dans l’Oedipe. Il y a changement d’objet d’amour.

L’ambivalence de la fille vis à vis de la mère est plus accentuée que celle du garçon vis à vis du père (plus tard, les rapports entre femmes seront toujours plus compliqués, tandis que ceux entre hommes seront plus simples).

L’agressivité de la fille vis à vis de la mère s’est élaborée au cours des expériences de sevrage, permettant plus facilement l’Oedipe inversé. Les phénomènes sont plus compliqués, plus forts. Les sentiments très mitigés vis à vis de la mère font naître une forme de culpabilité.

L’Oedipe traîne plus longtemps car il n’y a aucune menace extérieure pour l’obliger à arrêter la séduction vers le père.

Elle renoncera par identification à la mère, lui permettant enfin d’habiter sa personnalité féminine.

L’enfant Œdipien (enfant imaginaire) est un fantasme qui restera très longtemps chez la femme.

Nota : on appelle angoisse de castration tout ce qui est de l’ordre du manque.

Dans des chroniques futures, j’aborderai les problématiques nées de stades œdipiens non résolus.

Docteur Henri PULL

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