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Après Colombine … 32 morts dans un campus ; cherchons des solutions!

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Après Colombine … 32 morts dans un campus ; cherchons des solutions!

À l’annonce du dernier massacre aveugle et sanguinaire dans un campus, l’Amérique et avec elle le monde tout entier est sous le choc.

Pensez donc, un carnage d’une telle ampleur!
A cet instant les étudiants vaquaient à leurs occupations quotidiennes, pris entre leur vie d’étude et les rires d’une société insouciante non encore submergée par un quotidien «adulte» tout tracé.

Ils ne pensaient pas faire partie de ces gens qui à un instant donné de leur vie se sont trouvés au mauvais endroit, au mauvais moment, fauché pour une cause qui ne les concernait pas.

Ils ont péri, tels des victimes expiatoires, assassinés par l’un des leurs convaincu de son bon droit, pour des raisons obscures où se mêlent idées de préjudice, frustration d’être un laissé pour compte et sans doute maladie mentale non soignée.

D’autres avant eux ont connu un tel destin ; je ne ferai que citer le drame de Colombine mis en scène par Mickael Moore voici quelques années.

Pourtant il est fort probable que d’autres après eux subiront un sort semblable.

Leur mort ne sera que le témoignage sans cesse renouvelé de la barbarie inconsciente de l’homme, de la fascination à donner la mort – faute de pouvoir donner la vie – et ainsi à se sentir « Dieu ».

Finalement, le bonheur supposé des autres, le raisonnement paranoïaque percevant chez les autres hostilité, rejet et malveillance, l’absence de cohérence d’un être pouvant librement acheter un arsenal pour donner du sens à des convictions délirantes, n’ont-ils pas justifié et programmé ce crime à grande échelle.

Pour ce meurtre aveugle, arme par excellence de l’anonyme, du criminel et du désespéré (malade mental ou non) la publicité espérée en est la récompense.

Les « autres » n’ont-ils pas ainsi réactivé le processus de frustration exacerbant une mécanique mentale où se mêlent délire de préjudice, conviction d’avoir raison, distillant jour après jour jalousie et haine?

L’on ne peut qu’éprouver un sentiment de révolte, de dégoût et pour beaucoup de profonde douleur en observant la facilité avec laquelle un individu seul peut provoquer un séisme que l’on aurait pu contrôler et peut-être éviter.

La peur de non existence, la peur de l’oubli, à la peur de ne pas connaître la reconnaissance méritée et le désir de vengeance, construit sur un raisonnement faux, ont armé ce jeune.

L’absence de psychiatre dans ces groupes de jeunes en «chrysalide» laisse après coup chacun sans voix.

De tels drames couvent sans doute aujourd’hui car de telles pathologies ne sont pas recherchées systématiquement (faute d’argent ou faute de droit «légal») dans une «jeunesse» où les «crises» ne sont pas rares.

La police, une consultation chez une psychologue, un internement de courte durée furent les seules tentatives pour contrôler un mal qui allait croissant chez ce criminel.
«Massacrer des innocents pour que ta revendication délirante soit reconnue à la face du monde, ce fut sans doute ton but.»

«Tu es mort toi-même en étant persuadé de ton bon droit, de la justesse de tes actes savamment prémédités et si semblables à certains jeux vidéos où tuer l’autre n’est que justice.»

«La télévision a reçu ton colis «témoignage» post mortem qui tu as envoyé entre deux vagues de meurtres.»

«Quelle aubaine pour faire parler de soi dans un monde du tout média! N’aie crainte, la télévision saura en tirer profit pour éclairer le téléspectateur sur ton geste.»

Des précautions à prendre face à une population jeune – où les décompensations de maladies mentales jusqu’alors latentes se révèlent – sont évidentes.

Pourquoi ne pas donner plus de moyen à une prévention d’actes liés à de lourdes pathologies comme les psychoses paranoïaques, les bouffées délirantes et autres décompensations psychotiques?

Sortons la psychiatrie d’un ghetto où elle ne devrait pas rester cantonnée pour qu’elle puisse travailler en dispensaire dans le monde si fragile de l’adolescence.

Pour financer tout cela?
Le lobby de l’armement ne pourrait-il verser une participation financière?

Docteur Henri PULL

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Henry Pull
Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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