Chaque jour qui passe s’accompagne d’un enchevêtrement de nouvelles qui, sans être vraiment extraordinaires, nous enfoncent lentement et sûrement, la tête sous l’eau.

Nous pouvons retenir, dans le top de tête, les conflits du Moyen-Orient et plus précisément, venant de la bande de Gaza, de Cisjordanie et d’Israël.

L’autre jour, je me faisais la réflexion qu’il n’y a pas un seul jour, matin, midi et soir, depuis quasiment 60 ans, où ce coin du monde, qui ne représente qu’une vingtaine de millions d’habitants face aux 7 300 000 000 de terriens, soit 2% de la population mondiale, n’occupe la une de l’actualité, tous medias confondus.

Ne pas avoir trouvé de solution pacifique depuis la guerre des six jours semble une preuve accablante de l’impuissance des grandes organisations internationales, rémunérant ses membres à prix d’or, dans un monde qui se veut responsable et tourné vers l’avenir.

Ainsi, passé l’énumération quotidienne des morts et des lancements de missiles entre la Palestine et Israël, nous attaquons le dur du programme avec les autres conflits armés et autres attentats, scrutés à la loupe par des journalistes parachutés certes dans le feu de l’action, mais surtout sous le « feu des caméras ».

Depuis le temps,…, on pourrait leur conseiller de faire simplement du « copier/coller » en changeant simplement les dates et les nationalités des combattants.

Mais en fait, que nous apportent de telles informations récurrentes, sinon une vague de dégoût, un sentiment d’impuissance, une remise en cause de notre croyance en la nature humaine, une conviction que l’Homme n’est qu’une bête sans morale, cruelle et incorrigible.

Après ces informations guerrières comme apéritifs, quelques scandales bien croustillants ou autres déclarations politiques solennelles, relèveront le menu avec les savantes explications de spécialistes « chevronnés », experts en mots creux et prêts à nous servir, dans le minutage imposé, une diarrhée verbale plus ou moins avisée, ayant pour but d’éteindre la dernière étincelle d’espoir encore présente dans la tête de l’auditeur.

Pour être heureux, ne faudrait-il pas se couper de cette soupe médiatique ?

Je dis souvent, que notre vraie actualité se compose de ce que nous voyons par notre fenêtre et dans notre entourage.

À coup sûr, cela semble moins spectaculaire que l’actualité sortie des cuisines « de l’information ».

S’empêcher d’être heureux, nous savons déjà le faire en n’appréciant pas ce qui est à notre portée.

Inconsciemment, nous sommes programmés pour être toujours dans l’espoir de lendemains meilleurs, dans l’espoir d’une augmentation, dans l’espoir d’une maison plus grande, dans l’espoir d’enfants plus remarquables, dans l’espoir d’une fortune plus importante, dans l’espoir… d’un « tellement mieux » qui nous empêche de vivre intensément notre présent.

Ainsi, à quoi bon les guerres, à quoi bon les révolutions, à quoi bon les infortunes des uns et des autres, montrons-nous aptes à nous pencher sur notre propre bien-être.

Le malheur raconté des autres, répété jour après jour sans qu’il soit possible d’y apporter de solution : n’est-ce pas le meilleur moyen de nous culpabiliser et de présenter sur les devants de la scène ce qui, obligatoirement, devrait constituer nos seules sources d’intérêt ?

Ces héros de l’horreur, ces faiseurs de guerre, ces terribles catastrophes apprises, forcément, après coup, ces drames vis-à-vis desquels nous ne pouvons rien, méritent-ils la première page d’un monde qui a besoin de rêve ?

Comme me confiait un ami philosophe: dire « il faut que je donne un sens à ma vie » n’a pas de sens, puisque le sens de la vie, de manière certaine, est la mort.

Nous empêcher d’être heureux, n’est-ce pas nous obliger, à coup sûr, de vivre un terrible purgatoire pour apprécier la mort salvatrice qui nous rendra sourds, aveugles et muets, face aux horreurs des vivants?

Et, si nous choisissions d’être heureux, d’accéder au bonheur ?

Mais qu’est-ce que le bonheur ?

C’est très simple et pourtant tellement compliqué, c’est le but ultime à atteindre. C’est ce qu’obtient le sage en vivant intensément le présent, sans pleurer le passé, ni appréhender le futur.

Ainsi, vivez heureux, vivons heureux, le bonheur est éphémère mais… il y a de l’éphémère qui rime avec centenaire.

Dr Henri PULL

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