À l’heure des réseaux sociaux, aux mots de passe très facilement perméables, à l’heure des téléphones portables munis de toutes sortes de gadgets capables de vous géo-localiser dans n’importe quelle partie du monde, à l’heure du Cloud Computing présenté comme une alternative à toute entreprise et à tout individu, normalement constitués, qu’en est-il de la confidentialité de la vie de chacun ?

L’espionnage existe depuis la nuit des temps, depuis que l’homme a eu envie de contrôler son voisin et d’exploiter secrètement les informations recueillies.

Mais, peut-il y avoir une déontologie de l’espionnage ?

Si je t’espionne, ce n’est pas pour ton bien, c’est pour mon bien, exclusivement !

L’avance informatique américaine, la mainmise d’Internet par les technologies US, ainsi qu’une absence de tout contrôle d’une administration censée lutter contre le terrorisme, a fait tout naturellement le lit d’un espionnage universel.

En Europe, ne parle-t-on pas de l’espionnage de la plupart des personnalités politiques – pourtant amies des États-Unis –, ne parle-t-on pas de l’espionnage du pape et de ses cardinaux, ne parle-t-on pas de ce new « Big Brother » qui veut absolument être notre ami ?

Allons, faisons-lui « un like »….

Nous sommes aux antipodes de l’amitié entre le petit prince et le renard, évoquée si tendrement dans l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry.

L’amitié numérique, c’est une amitié qui rapporte, surtout à celui qui l’organise au détriment des naïfs qui la réclament.

La stratégie américaine est unique au monde : « Grâce à leurs moyens techniques et financiers, ils sont les seuls à pouvoir pratiquer le chalutage: en clair, ils ramassent en vrac d’énormes masses de données, ils stockent tout, puis ils font le tri et retrouvent ce qui les intéresse. C’est extraordinaire, ils ont mis sur écoute la planète entière. »

En outre, les Américains disposent selon les experts d’un autre atout inégalable : « Le patriotisme. Si le gouvernement demande à une entreprise américaine de l’aider à espionner des étrangers, il serait inconcevable qu’elle refuse. »

Ainsi, que les informations accessibles à tous soient analysées, répertoriées, enregistrées, nous ne trouverions rien à redire.

Mais que notre vie privée soit explorée, exploitée, aidé en cela par des logiciels spécialisés qui en retirent des renseignements confidentiels, nous touchons là une atteinte grave à notre liberté individuelle.

Nous voici encouragés quotidiennement à avoir notre compte Facebook, à avoir notre compte Twitter, à stocker nos données dans « les nuages » qui ne sont en fait que des serveurs perméables aux outils informatiques d’espionnage, à avoir notre dernier iPhone ou Smartphone doté des dernières technologies exploitables nos amis espions…

En fait, nous voici encouragés à livrer le contenu de notre vie et de nos entreprises à l’espionnage américain, certes, mais aussi à l’espionnage de toutes ces puissances capables de se doter des outils numériques « violeurs d’intimité ».

La solution ?

Il semble qu’il n’y ait pas, sinon refuser les outils technologiques que l’on nous mitonne dans toutes les « Silicon Valley » du monde pour mieux nous « aider » à vivre.

Docteur Henri PULL

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