En Europe, et plus précisément en France, un candidat en tête des sondages à l’élection présidentielle, propose dans son programme de lutter contre « l’insolente richesse » en taxant à 75 % les revenus supérieurs à 130 000 $ par mois.

L’argent collecté partirait graisser les rouages d’une machinerie administrative surpeuplée et ignorante du monde du risque et du génie de l’innovation.

Ce type de proposition plaît à une majorité d’électeurs ; inconsciemment, beaucoup aimeraient puiser l’argent qu’ils n’ont pas, dans la poche de l’autre.

Et puis, quoi de plus valorisant que d’aider les « pauvres » avec l’argent des « riches » : Robin des bois le faisait bien, lui !

Mais, si l’ensemble des poches se vident et s’il n’y a pas moyen de s’enrichir sans être sévèrement puni par l’impôt, rapidement il n’y aura plus de poche à vider ; même le shérif de Nottingham aurait pu le dire.

Au final, en France, tout le monde attendra Robin des bois pour finir ses fins de mois.

Cette mesure solidaire pour les plus pauvres ne fera que faire fuir les plus riches vers des territoires prêts à accepter leurs fortunes et, avec elles, les considérables miettes financières qu’obligatoirement leurs banquets de « riches » font retomber autour d’eux.

Les anciens « très riches » partis, les nouveaux à être considérés comme « très riches » seront les anciens « moyennement riches ». Et ainsi de suite…

Comme un chef de train qui détacherait tous les derniers wagons pour ne pas avoir d’ennuis dans ces wagons-là, le pays va se retrouver avec un train réduit à la seule locomotive.

En France, où la fiscalité est la première du monde, où le confortable fonctionnariat « à vie » est considéré comme une réussite professionnelle, où celui qui innove et crée son entreprise doit lutter pour sa survie « fiscale et administrative », cela conduit à favoriser non pas l’expansion risquée, mais la contraction prudente.

Alors, plutôt que de lutter contre « l’insolente richesse », ne vaudrait-il pas mieux lutter contre «l’inadmissible pauvreté » en faisant en sorte que tout le pays se réveille et s’enrichisse ?

Les puissances européennes repues des excès passés, qui ont privilégié l’acquis au détriment de l’avenir, se trouvent à la remorque des pays émergeants.

Dans le reste du monde, là où la croissance économique se poursuit un rythme soutenu, le slogan reste : « enrichissez-vous ! ».

Il ne faut pas être un grand psychologue pour comprendre qu’encourager un travailleur sans lui donner l’espoir de réaliser un jour ses rêves (la richesse, pourquoi pas ?), ne l’aidera pas à se surpasser, mais l’encouragera à en faire un minimum.

Sans doute, faut-il des garde-fous à l’ultralibéralisme broyant les plus fragiles, mais de là à faire de la France déjà surfiscalisée et hypersociale, l’équivalent de la forêt de Sherwood pour assurer un revenu aux plus pauvres et sauver son économie, il y a un pas que certains franchissent allègrement.

Alors, Robin, ne cherches-tu pas à séduire Lady Marianne* que pour une seule raison, être élu ?

* Marianne, largement diffusée sur les timbres-poste et les pièces de monnaie françaises, incarne la République française et ses valeurs.

Dr Henri PULL

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