L’actualité médiatique n’arrête pas de nous proposer des
« bombes » hebdomadaires.

Catastrophes naturelles en série, accident nucléaire impliquant le monde, tremblement de terre financier, révolutions en chaîne dans le monde arabe et maintenant, un scandale sexuel impliquant une des plus hautes personnalités de la finance mondiale et de la politique française.

Quoi de plus naturel, dans certains milieux impliquant des personnalités de pouvoir, qu’il s’agisse du monde économique, industriel ou politique, de s’attribuer des droits que la simple morale et le simple respect de la personne humaine répriment?

Au Moyen Âge, on appelait cela « le droit de cuissage » ; le seigneur local avait tous les droits sur les filles ou les femmes de son territoire.

Les médias ont repris la mise en accusation de DSK, l’ex responsable du fonds monétaire international et le favori socialiste à la future élection présidentielle française de 2012.

Pourtant, le traitement de l’information a été différent selon les salles de rédactions, selon les pays et selon le respect que l’on porte à la victime supposée et au coupable désigné.

J’aurais aimé lire dans la presse française une enquête sur ces « séductions agressives », ces allusions quotidiennes à la sexualité conquérante, au malaise provoqué dans le monde du travail par « ces gauloiseries » répétées à un auditoire rarement consentant.

J’ai surtout lu de longues allusions aux droits de l’accusé, de longues démonstrations réclamant la présomption d’innocence, la pudeur réclamée face à des photos « chocs » présentant DSK menotté sortant du commissariat de Harlem.

La stratégie américaine face à la délinquance sexuelle passe par une écoute de la victime supposée, une analyse de la plainte, une enquête préliminaire déterminant la mise en accusation ou non de l’agresseur désigné, un droit de la défense avec la mise en place de possibilités d’aménagements comme la libération sous caution ou la négociation avec le tribunal.

Quoi de choquant dans ce type de procédure ?

En France, le crime sexuel est aussi puni par la loi.

Les députés du peuple français ont mis en place toutes sortes de sanctions, de prises en charge thérapeutiques, de législations qui dans le principe, si elles étaient simplement exécutables et exécutées, permettraient un juste règlement à ce type de crimes.

DSK est sous le coup d’une mise en accusation grave dans un pays qui n’a pas la même permissivité vis-à-vis de ce type de délit.

Qu’il soit coupable ou non, là n’est pas mon propos.

En effet, je ne peux m’empêcher de penser qu’il serait considéré différemment dans « le pays des droits de l’homme ».

De par ma pratique de psychiatre et de psychothérapeute, je vois très souvent des personnes meurtries du fait de délits sexuels. Elles n’ont jamais porté plainte et n’ont jamais été considérées comme victimes au sein d’une famille complice.

Inceste, viols, pédophilie, harcèlement sexuel, droits du fort sur le faible sont autant de plaies qui restent ouvertes dans le vécu de trop de victimes qui restent muettes vis-à-vis de leur agresseur.

La difficulté à apporter la preuve du crime sexuel, la difficulté à raconter ce type d’agression, autant devant les enquêteurs que devant les tribunaux, la lenteur de la justice pour régler ce type de délits psychologiquement gravissimes, sont autant de murs protecteurs pour les criminels sexuels.

Alors, l’affaire DSK modifiera-t-elle la vision que l’on aura, désormais, face à une plainte déposée après une agression sexuelle ?

Renoncerons-nous à une permissivité gauloise ou encore moyenâgeuse permettant de classer, sans suite, des histoires d’agressions sexuelles difficiles à prouver ?

Dr Henri PULL

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