La France est en plein conflit face aux moyens de sortir d’une crise dont le point de départ s’apparente à la fraude montée par Bernard Madoff.

Après la seconde guerre mondiale, en 1946, a été mis en place un régime de retraite fondé sur l’activité professionnelle, avec la coexistence d’un régime général et de régimes spéciaux. Les premiers retraités, qui n’avaient pas cotisé puisque les caisses de retraite n’existaient pas avant 1946, ont bénéficié d’une pension financée par ceux qui travaillaient, les actifs.

Au départ, le nombre d’actifs était de sept pour un pensionné ; aujourd’hui, nous avons aujourd’hui 1,8 cotisant pour un retraité.

Le régime général concerne environ les 18 millions d’emplois du secteur privé et les régimes spéciaux concernent les 7 millions d’emplois du secteur public.

Les régimes spéciaux ont été mis en place « pour récompenser des professions indispensables à la nation et des professions pénibles » voici des décennies.

Cette situation, aujourd’hui très inégalitaire, puisque les conditions de travail ont changé, génère un surcoût que les actifs du secteur privé doivent compenser.

Par exemple, dans le secteur privé, la retraite est calculée sur la moyenne des salaires des 25 dernières années avec un âge moyen de départ à la retraite de 61 ans alors que dans le secteur public, la moyenne des retraites est calculée sur les six derniers mois et même sur le dernier mois correspondant au salaire le plus élevé de la carrière du salarié et l’âge moyen de départ à la retraite est très inférieur à 60 ans.

La différence de traitement est financée par l’état qui lui-même est financé par l’impôt payé par l’ensemble des travailleurs.

D’une manière simplifiée, on demande au régime général du secteur privé de financer les régimes spéciaux du secteur public.

Sur 25 millions de Français au travail, on compte 7 millions d’emplois dans le secteur public, c’est 27% de l’emploi total et même 40% de l’emploi salarié :

C’est un record parmi les pays industrialisés qui n’est pas sans conséquences sur l’état des finances publiques.

Les prélèvements obligatoires nécessaires pour acquitter les salaires et pensions de près de 7 millions d’employés du secteur public, non soumis à l’obligation de bénéfices, représentent un fardeau de plus en plus lourd pour les 18 millions d’emplois du privé qui connaissent les difficultés du ralentissement économique et qui doivent coûte que coûte créer de la richesse.

La grande majorité des travailleurs français sont des salariés, l’esprit d’entreprise, le courage de s’installer en tant que travailleur indépendant, ne correspond plus à l’état d’esprit des jeunes entrant dans le marché du travail.

La France doit impérativement rattraper son retard en matière d’emploi privé capable de générer de la richesse si elle veut résorber ses déficits fiscaux et sociaux.

Il y a, en France, 16 millions de retraités, soit près d’un quart de la population.

Les pensions qui leur sont versées représentent plus de 13 % du PIB.

En raison de la forte croissance du nombre de retraités, de l’allongement de la durée de la vie, les régimes de retraite sont confrontés à des déficits importants.

En Grèce, le gouvernement de M. Georges Papandréou promet de reculer l’âge de départ à la retraite de 63 ans à 65 ans.

En Allemagne, Mme Angela Merckel parle de départ à 69 ans.

En Espagne, le président José Luis Rodriguez Zapatero a déjà décidé que ce serait à 67 ans au lieu de 65 ans.

La réforme, qui a mis la France en grève, souhaite porter l’âge de départ à la retraite à 62 ans et souhaite rapprocher les régimes de retraite spéciaux des régimes de retraite généraux.

Le monde syndical français est unanime, « le droit au travail, comme le droit à la paresse, ne peut pas être discuté ».

Le monde syndical, en France, a toujours été soucieux de préserver « les bénéfices et les droits acquis » sans prendre en compte l’évolution des pays environnants et surtout la mise en place d’un mondialisme qui fait exploser les frontières.

Le versement des retraites est conditionné par les bénéfices futurs et par la hausse de la productivité des travailleurs de demain, de moins en moins nombreux face à une masse d’inactifs de plus en plus nombreuse.

Sans être prophète, on peut s’attendre au même résultat que l’exercice acrobatique du financier Bernard Madoff : payer Pierre avec l’argent de Paul.

Le droit de grève en France, qui est inscrit dans la constitution, représente un préambule avant toute négociation, à l’inverse d’un grand voisin comme l’Allemagne où le droit de grève est une arme ultime.

Un comble, même au championnat du monde de football, l’équipe de France a fait grève de l’entraînement !

Aujourd’hui, la réforme des retraites, et le constat de finances publiques en difficulté, a provoqué une première réponse unanime des salariés les plus protégés, souvent bénéficiaires des régimes spéciaux, « ne touchez pas à nos acquis ».

Le paradoxe est qu’une grande partie des grévistes de la première heure n’est en aucune façon concernée par la réforme des retraites car elle prend en moyenne la retraite à 55 ans avec des garanties de pension extrêmement favorables face aux pensions du secteur privé.

Les deuxièmes à se mettre en grève sont les étudiants qui ne sont pas encore salariés et qui sont encore très éloignés de la vie active.

Ils ignorent que sans réforme susceptible de remplir les caisses de retraite, ils seront en première ligne pour payer la retraite de leurs parents dans des conditions encore plus difficiles qu’aujourd’hui.

Les suivants à manifester sont les retraités, inquiets pour leurs pensions.

Les plus mal lotis, les salariés du secteur privé et les travailleurs indépendants qui cotisent un maximum pour une retraite minimum sont les moins mobilisés car, déjà, depuis plusieurs années, leurs cotisations ont été multipliées par deux ou trois pour des revenus futurs divisés d’autant.

La France est-elle toujours le pays de l’égalité et de la fraternité face au difficile problème des retraites ?

Devant les caméras du monde entier, la France, pays socialement gâté par rapport à de très nombreux pays du monde, refusera-t-elle longtemps la remise en cause de son confort en ignorant superbement les contraintes économiques mondiales ?

En tout cas, la grève est pour beaucoup le seul moyen de s’exprimer quitte à paralyser l’activité de ceux qui font tourner la machine industrielle et commerciale, seule capable d’enrichir le pays.

Qu’en pensent les pays émergeants aux économies triomphantes ?



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