Sur notre belle planète bleue, une personne met fin à ses jours toutes les 40 secondes et une autre fait une tentative de suicide toutes les 3 secondes.

Aucun continent, aucun pays n’est épargné par ce fléau moderne.

Ainsi, dans le plus grand silence, 1 million de personnes au moins, se donnent la mort chaque année à travers le monde, 10 à 20 fois plus font des tentatives de suicide.

Les plus jeunes semblent les plus fragiles, les hommes étant particulièrement concernés.

Ainsi, le constat doit être fait qu’il y a aujourd’hui plus de morts par suicide que de morts provoquées par tous les conflits armés à travers le monde.

Le suicide est une des premières causes de mortalité chez les personnes de 15 à 35 ans, c’est-à-dire dans la tranche représentant les forces vives des nations.

Jusqu’à tout récemment, le suicide était prédominant chez les personnes âgées, mais il est maintenant prédominant chez les personnes plus jeunes, dans un tiers des pays.

Les informations sur le nombre de suicides révèlent une image différente de celle des décennies passées au niveau mondial.
Actuellement plus de suicides (57 %) sont perpétrés par des personnes de moins de 45 ans que par les personnes âgées de 45 ans et plus.

Ceci représente un changement considérable de situation depuis 1950 oiù la proportion était inverse.

Nous relevons que ce glissement dans la prédominance des nombres de suicides par groupes d’âge va à l’encontre des changements démographiques puisque la population plus âgée est en augmentation au cours des 50 dernières années.

De façon plus précise, le groupe d’âge dans lequel le plus de suicides sont actuellement accomplis est celui des 35-44 ans, tant pour les hommes que pour les femmes.

Il s’agit donc de personnes en âge de travailler et en âge d’avoir une vie familiale.

On peut noter aussi la prédominance des taux de suicide des hommes sur les femmes.

La seule exception est trouvée en Chine rurale où les taux des femmes sont en moyenne 1,3 fois plus élevés que ceux des hommes.

Tous les pays touchés, mais les taux les plus élevés (au-dessus de 30 pour 100 000) se trouvent dans des pays de la région balte, qui représentent plus que le double du taux moyen mondial de 16 suicides pour 100 000 habitants.

Il faut noter aussi que les taux les plus élevés des régions d’Afrique, des Amériques, de l’Asie du Sud-est et du Pacifique occidental se trouvent dans les pays insulaires, respectivement à l’Ile Maurice, à Cuba, au Sri Lanka et au Japon.

La signification exacte de cet état de fait reste à être élucidée.

Si l’on considère les chiffres absolus, il est cependant frappant de constater qu’un quart de tous les suicides du monde se produisent dans deux pays seulement : la Chine et l’Inde, ce qui reflète la taille de leurs populations respectives. La Chine compte à elle seule 20 % des suicides mondiaux.

Bien que déjà très alarmants, ces chiffres seraient très sous-estimés…

Chaque fois que des chiffres sur le suicide sont présentés, leur fiabilité est toujours mise en question, selon l’argument que dans beaucoup de pays le suicide est caché.

En Europe, c’est la première cause de mortalité pour les 25-34 ans et deuxième pour les moins de 24 ans, après les accidents de la route.

Dès la petite enfance (moins de 10 ans) le suicide est possible !

Le suicide des moins de 20 ans devraient nous interpeller, nous les « adultes dirigeants » : qu’offrons nous à nos jeunes pour qu’ils n’aient d’autre alternative que la mort ?

Le suicide est majoritairement masculin avec 2 à 3 fois plus d’hommes que de femmes.

Le taux de suicide est de 27,1 pour 100 000 hommes et de 9,2 pour 100 000 femmes.

Une sous-estimation de l’ordre de 20 à 25 % est reconnue, compte tenu qu’un certain nombre de suicides ne sont pas déclarés en tant que tels lors de la certification de la cause de décès.

En ce qui concerne les tentatives, le chiffre de 10 à 20 fois le nombre de morts par suicide par an est généralement avancé.

A l’inverse des mortalités par suicide majoritairement masculines, les tentatives de suicide concernent surtout la population féminine: 70 % des tentatives sont effectuées par les femmes.

Mon collègue, ma voisine, mon copain ou ma copine de classe me semble suicidaire : que faire ?

Lorsqu’on pense qu’une personne va mal, il ne faut pas hésiter à lui dire ce que l’on ressent en tant qu’observateur extérieur.

La façon dont on lui parlera est importante.

Si vous lui demandez :
– « Alors, ça ne va pas »?

Elle risque de se renfermer dans une réponse automatique :
– « Mais oui, ça va très bien ».

Alors que si vous dites :
– « Je te sens mal, je vois que ça ne va pas », vous lui montrez que son état vous interpelle, qu’elle n’est plus anonyme, que vous impliquez personnellement pour l’aider.
Vous lui démontrez que non seulement vous offrez une écoute, mais aussi un véritable dialogue lui permettant de dire son mal-être jusqu’alors dissimulé sous un « masque d’impassibilité».

A partir de là, tout dépend de la situation et de votre lien avec elle.

N’hésitez pas à l’orienter vers un soignant, vers une structure qui pourra l’aider; même si elle dit ne pas le vouloir, osez insister.

Une grande majorité de rescapés de tentatives sérieuses de suicide expriment leur désir de vivre après leur prise en charge et peu renouvellent leur tentative.

Les causes à ces conduites en forte croissance?

Trouver une issue pour que cesse la dépendance, la douleur, le sentiment de non existence, l’isolement, l’échec, le chômage, l’anonymat, le sentiment d’abandon, la vision d’un avenir bouché, l’absence de rêve et d’espoir.

Le temps de la lecture de cette chronique, 2 à 3 personnes viennent de mourir par suicide et 30 autres ont fait une tentative. Ça fait réfléchir !

Dr Henri PULL

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