Dans la plupart de nos pays industrialisés, nous regardons notre petit écran entre trois et quatre heures par jour, nous lisons quotidiennement notre journal, nous recherchons l’actualité sur le net et nous écoutons d’une oreille attentive au moins une fois par jour « les nouvelles » à la radio.

Nous sommes ainsi les témoins attentifs de milliers d’annonces inquiétantes et d’actes de violence les plus divers sans pouvoir rien y faire.

L’horreur sans cesse renouvelée tourne alternativement autour de catastrophes venues ou à venir, de crimes et d’actes de violence « ordinaires » comme des meurtres, viols, enlèvements, attentats.

La banalisation de l’horreur a des conséquences opposées et souvent insoupçonnées selon la personnalité de chacun.
Telle personne craintive se trouvera renforcée dans la conviction d’un danger potentiel omniprésent la guette et elle verra son inquiétude croître de jour en jour et son moral plonger, encore et encore, plus profondément.
Elle appréhendera les sorties, évitera toute situation « exposée » : la voici devenue otage d’une cruauté certes isolée, mais, du fait de la formidable caisse de résonance des médias, rendue envisageable en tous temps et tous lieux.

Ayant vécu ses propres craintes à travers le drame raconté, elle s’en trouvera fragilisée psychologiquement parlant et délabrée sur le plan émotionnel.

Elle en gardera la marque traumatique et se verra à chaque nouveau drame, immergée dans un nouveau bain d’angoisse.
Ce qui sera beaucoup plus préoccupant concernera telle autre, agressive, psychopathe et influençable qui décodera dans cette banalisation involontaire, un droit explicite à extérioriser impunément de manière brute des pulsions mal canalisées.

Elle y verra ses fantasmes inconscients exécutés et y décodera une incitation à agir à son tour.

Elle voudra tuer, voler, massacrer, bref, faire comme les autres, quoi !

Gardons-nous d’assombrir notre vie en médiatisant la folie meurtrière et en voyant l’avenir comme une apocalypse sans espoir !

2012, la fin du monde ? A quoi bon aller à l’école me disait un enfant….

Que seraient les attentats sans couverture médiatique, que seraient les « peoples » sans les tabloïds à scandales ?

De simples faits sordides ou sales qui s’éteindraient d’eux-mêmes du fait de leur médiocrité.

Ecartons de façon raisonnée et définitive de l’horreur médiatique, plus virulente qu’une grippe A, plus mortelle qu’un pain de plastic et plus désespérante qu’un jour de pluie.

Docteur Henri PULL

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