Lu Xun est un écrivain chinois qui a laissé la médecine pour se consacrer à l’écriture et plus spécialement à l’écriture dénonciatrice, de lutte. Il est un des écrivains clés du mouvement du 4 mai, moment important en Chine. Au cours de sa carrière, il a écrit plusieurs textes, nouvelles et articles, mais nous allons nous concentrer sur seulement l’un d’eux, Le Sage, l’Idiot et l’Esclave, conte satirique publié en 1927.

Cette courte histoire nous raconte la vie misérable d’un esclave qui va se plaindre de sa pauvre condition à un sage. Il raconte alors ses malheurs et le sage, écoutant l’histoire de l’esclave, montre son empathie et lui rassure que sa condition va un jour s’améliorer. Réconforté par ces paroles, l’esclave retourne chez son maître. Plus tard, ayant encore un besoin de parler à quelqu’un, l’esclave va voir une autre personne, qui est cette fois-ci un idiot. L’esclave lui décrit alors que son maitre le traite moins bien que son chien et qu’il dort dans un endroit horrible, sans fenêtre. Révolté, l’idiot lui demande alors pourquoi il ne demande pas à son maitre de lui en faire une. Répondant qu’il n’oserait jamais, l’idiot va alors à la maison de l’esclave et s’affaire alors à lui fabriquer une fenêtre. Paniqué, l’esclave appel au secours et l’idiot part en courant. À l’arrivé du maitre, l’esclave raconte ce qui s’est passé et son maitre le complimente. Il retrouve alors le sage et lui explique ce qui est arrivé et lui dit que le sage avait eu raison.

 

En apparence, on pourrait voir ce conte comme une histoire d’humour noir. Cependant, avec ce texte, Lu Xun critique vivement la société chinoise et c’est donc cette analyse qui nous intéresse.

Dans ce conte, l’esclave vie une vie difficile et misérable. Ce que Lu Xun voulait représenter avec ce personnage, c’est la société chinoise, qui vie difficilement. C’est cette société chinoise qui connait sa situation, comme illustré par l’esclave qui va se plaindre auprès du sage et de l’idiot, mais qui refuse de changer sa situation, comme montré par le fait que l’esclave refusait de demander une fenêtre à son maître. En ce qui concerne le sage, il représente ici l’ordre confucéen ou encore la tradition chinoise, qui propose de ne pas changer et que malgré tout, la situation va changer. L’idiot, quant à lui, représente cette partie de la société qui veut changer, mais qui n’a pas saisit quel était le cœur du problème et donc n’attaque pas à la bonne place, comme dans l’extrait où l’idiot va pour faire une fenêtre à l’esclave alors que le réel problème est comment le maitre traite son esclave. Lu Xun critique ici le manque de sagesse de cette partie de la population.

C’est donc un tableau assez triste que nous présente Lu Xun. Une société qui a besoin de changement, qui a besoin de sortir de sa condition, mais qui refuse de faire quoique ce soit pour, une pensée traditionnelle qui conditionne cette société à rester la même et une partie qui manque de sagesse pour réellement faire changer les choses.

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Morgane Lebel-Beaulieu

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