Ce qu’on appelle maintenant le mouvement du 4 mai, mouvement ayant commencé le 4 mai 1919 à Pékin lors d’une manifestation étudiante pour dénoncer les anciennes traditions chinoises tel que le confucianisme (école de pensée  philosophique, morale et politique s’étant développé pendant plus de deux millénaires en Chine) qui, selon les étudiants, freinait la Chine dans son désir de se moderniser, s’est également manifesté dans la littérature de l’époque. Cette littérature dénonciatrice marque même le début de la littérature chinoise contemporaine. Un des auteurs les plus marquants de cette époque est sans aucun doute Lu Xun, auteur ayant laissé un héritage pour une génération entière.

Le journal d’un fou est probablement son œuvre la plus populaire. Et malgré le fait que ce ne soit pas officiellement la première, on considère cette nouvelle comme le premier texte de cette nouvelle littérature. Dans ce texte, Lu Xun dénonce la pensée traditionnelle en la mettant en contradiction avec la nouvelle pensée, ce désir de modernité. Dans Le journal d’un fou, nous retrouvons le point de vue du « fou » en question. Celui-ci raconte que les gens de son village sont des mangeurs d’hommes, des cannibales. Le cannibalisme est utilisé de façon figuré et représente les rites confucéens et cette ancienne façon de penser. Lu Xun utilise le cannibalisme comme la représentation figuré de l’immoralité des rites confucéens. Le fou est donc seulement fou aux yeux des autres, car il est le seul à ne pas suivre cette pensée, à ne pas « manger de la chair humaine ». Lu Xun exprime donc ainsi sa vision des choses; ces traditions n’ont plus leurs place dans la Chine qui veut se moderniser. Dans ce récit, le « fou » dit : « à l’époque où nous sommes, ils auraient dû comprendre cette logique depuis longtemps » en parlant des mangeurs d’hommes. L’auteur veut ainsi faire comprendre que les traditions n’ont pas évolué avec le temps et n’ont donc plus lieu d’être. À la fin, le fou espère que les enfants seront sauvés et ne deviendront pas des mangeurs d’hommes. Lu Xun exprime donc ici sont espoir envers la prochaine génération, mais lance également une alerte : cette pensée traditionnelle ne doit pas être transmise aux enfants au risque de répéter les même erreurs et de ne pas avancer.

Ce texte fut extrêmement populaire à l’époque et contribua au mouvement du 4 mai, mouvement qui voulait se défaire des  traditions chinoises. Les acteurs de ce mouvement voyaient ces traditions comme un frein à la modernité et comme le problème de la Chine, pays qui venait alors d’instaurer un nouveau gouvernement.

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Morgane Lebel-Beaulieu

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