Vendredi, nos cousins de France enterraient Charles Trenet après lui avoir servi de nombreux hommages tout au long de la semaine. De ce côté-ci de l’Atlantique, les salles de presse ont également accouché d’articles, topos et reportages soulignant l’oeuvre de celui qui avait choisi le québécois Gilbert Rozon comme impresario et gérant de sa fin de carrière. Ya d’la joie!

Et puis arrive dans le portrait Pierre Foglia. Dans un article intitulé : “Vous le trouviez fou? Vraiment? “, le méchant garnement de la Presse replace les pendules et nous ramène à l’ordre.

Sans ramer à contre-courant du concert d’éloges lues ou entendues cette semaine, il nous ramène aux années dominantes de la chanson française et nous parle de Brel, Ferré, Brassens, Gréco, Mouloudji, un peu moins Bécaud et Aznavour (pour les filles, écrit-il), mais pas Trenet. Faisait pépère le Charles.

On aura beau dire, Foglia le sacripan a encore raison. Parler de génie en faisant allusion à Trenet, c’est y aller un peu fort, vous ne trouvez pas? « Nous irons à Montréal à cheval. Nous irons à Québec à pied sec! », ces paroles tirées de Mon Voyage au Canada ne le feront sûrement pas entrer à l’Académie française.

Franchement, il vous faisait tripper le père Trenet? Tout au plus étais-je impressionné par l’énergie d’un octogénaire refusant de tirer sa révérence. Mais pour la poésie et les textes, on repassera. On s’en souviendra certes, tout comme on se souvient de Frère Jacques et Au clair de la Lune. N’en déplaise à monsieur Rozon qui s’apprête à nous sortir un CD diffusant douze nouvelles tounes de son «poulin».

Je vous laisse sur le dernier paragraphe de la chronique de Foglia sur le Fou chantant :

Son grand hit, La mer, a l’air d’avoir été écrit dans le sous-sol d’un bungalow de Bécon-les-Bruyères en regardant une carte postale des Sables-d’Olonne. Je sais pas comment vous faites pour voir de la poésie là-dedans. Moi, dans le clapot de son golfe clair, je vois une grosse épicière en vacances, à plat ventre sur un matelas pneumatique, le soleil la cuit, et demain elle aura des cloques.

Quelqu’un peut me dire où il va chercher ces images délirantes?

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Michel Danis

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