Hier, j’écoutais le clip de l’heure sur Youtube : la chanteuse étrange Susan Boyle (l’anglaise qui a gagné le concours Great Brittain’s got talent malgré son look … euh … très ordinaire) qui chantait un extrait de son récent CD : une chanson magnifique des Rolling Stones intitulée Wild Horses. Cette chanson m’a remis en mémoire ce souvenir qui date de 1971 …

Je suis à Montréal depuis un an pour mes études collégiales. En fait, j’ai commencé ma deuxième année au collège Ahuntsic et je suis en appart pour la première fois avec des potes étudiants. Soir d’automne dans le Vieux-Montréal avec les boys. Dans un bar drôlement nommé Chez Dieu. Pas trop de monde dans la place pour cette soirée de semaine ordinaire. La bière rentre bien …

Soudainement, nous apercevons, seul sur la piste de danse, le député de Saint-Jacques du Parti Québécois, et j’ai nommé Claude Charron, le grand pourfendeur de Bourassa. Il danse très élégamment. Fluide malgré sa petitesse, il bouge comme un danseur de troupe moderne et ça nous fascine carrément. Look cool, cheveux longs bouclés, il est comme ailleurs dans sa tête. C’est impressionnant. Et puis c’est un personnage public fort populaire …

En le voyant quitter la piste de danse, nous l’apostrophons et l’invitons à notre table pour une bière. Il accepte et nous sommes joyeux de la chose. Même qu’un splif roule autour de la table et notre invité en tire une poffe. Nous sommes aux oiseaux. Placotage, sourires et béatitude.

Et puis Wild Horses des Stones qui commence avec la voix plaintive de Jagger. Charron est assis à mes côtés et me glisse dans l’oreille : « Tchèques la subtilité du drum dans cette chanson-là. Écoute, y en a pas de drum. Pour l’instant ! Et, tu vas voir, juste au début du deuxième couplet, Charlie Watts va commencer un beat très délicatement … ».

Exactement comme il l’avait décrit. Éberlué j’étais de constater qu’un député de l’Assemblée Nationale de mon Québec pouvait connaître cette subtilité d’une chanson des Rolling Stones et que moi, le ti-cul de la campagne, j’étais là à côté de lui, à minuit dans un bar de la ville, pour recevoir cette confidence dans mon oreille droite.

N’essayez même pas d’imaginer comment j’aimais Montréal et ma vie à cette époque …

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Michel Danis

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