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Singapour n'est pas en Chine
 

Mardi le 10 janvier, 2006


Tout d'abord, Singapour n'est pas en Chine, j'ai changé de pays depuis les Chroniques chinoises. Géographie rapide : je suis pil-poil au centre d'une diagonale entre l'Inde et l'Australie, sur une île à peine plus grande que l'île de Montréal, à trois degrés au nord de l'équateur. Quand il fait beau et que les vagues sont petites, on peut voir, en grimpant dans un cocotier, une grande ligne rouge là-bas au loin, qui sépare le monde en deux. C'est facile puisqu'elle brille au soleil.

Si vous ne le saviez pas, Singapour a fêté cette année ses 40 ans d'indépendance de la Malaisie, soit le neuf août. La fête était grandiose, avec danse, chansons, chars allégoriques, spectacle aérien et parade militaire.

Au stade Pandang où j'étais, en compagnie du président et plusieurs hauts dignitaires (seulement cent mètres nous séparaient!), j'avais l'impression que la population complète, quatre millions d'habitants, était venue participer tellement il y avait du monde; ça déborde de patriotisme ici. Le tout sans alcool ni violence, car cette fête est surtout familiale.

Bien qu'une parade militaire en ferait crier plusieurs au Québec, ici l'armée est bien appréciée. Pour comprendre sa nécessité, il suffit de comparer l'île de Singapour à un gros morceau de viande fraîche entouré de bêtes affamées. Les pays voisins font partie du tiers-monde après tout. Aussi, tous les hommes doivent faire deux ans et demi de service militaire, alors ça touche vraiment tout le monde, toutes les familles.

Je me souviens qu'il faisait très chaud ce jour-là, environ 35 degrés, pas un nuage, et l'impression qu'une dizaine de soleils braquaient leurs rayons directement sur nous. Et aujourd'hui, quelques cinq mois plus tard, il fait tout aussi chaud... parce qu'il n'y a pas d'hiver! La grosse chaleur à l'année longue!

Le cerveau nordique a du mal à s'y faire. Il y a une saison des pluies, en novembre et décembre, durant laquelle on a un orage de trente minutes à tous les matins et un autre en fin d'après-midi, mais c'est tout. À part ça il n'y a jamais de variation significative.

Le paradis? À 25 degrés celsius je dirais que oui. Ce sera à vous d'en juger au fil de mes chroniques. Vous en viendrez aussi à découvrir ce qui fait de Singapour un pays aussi magnifique et exemplaire aux yeux de ses voisins et du reste du monde.

Et bien sûr, il me fera plaisir d'exposer pour vous tous les défauts que j'y vois, ne serait-ce que pour me défouler un peu.


 
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