Accueil Marcel Béliveau SPLOUCHE…!

SPLOUCHE…!

- Imprimer ce texte - Cliquez sur mon nom pour m'envoyer un message

Partagez cette page avec :

Lundi 21 mai, jour férié, mais je ne me souviens plus exactement pourquoi.
Quelqu’un m’a dit : fête de la reine !
Un autre fête de Dollard, ou peut-être des Patriotes, je ne sais plus.
Mais il fait beau, je roule sur la 13 direction sud à hauteur de Dorval.

Pas beaucoup de circulation, je roule à cent, sans plus.
Tout à coup, j’aperçois quelque chose qui bouge assez loin devant moi.
Un chien, un chat, sais pas, une bébête qui décide de traverser l’autoroute.
Plus proche je me rends compte qu’il s’agit d’une marmotte.

Sauf que, elle la tête fourrée dans une cacanne de tôle.
Une boite de conserve vide qui devait traîner quelque part.
Je ralentis pour la laisser passer, tout en surveillant dans mon rétroviseur, si d’autres voitures me suivaient de près.

Comme je ne vois rien venir, je me range sur l’accotement et décide d’aller au secours de la marmotte devenue aveugle, malgré elle. Elle est maintenant en plein centre des trois voies.

J’attrape un bâton de golf qui traîne sur mon siège arrière et je me dirige vers la marmotte. ( Que c’est bête, j’allais tout de même pas la frapper)

Elle n’avance pas vite et souvent fait quelques pas et s’arrête quelques instants, sans savoir bien entendu, que sa vie est en danger.

Elle fonce droit devant elle et bang, elle hurte le rebord de ciment au centre de la chaussée. Elle s’arrête, je suis près d’elle.

Je crois qu’elle sait que je suis là, sa tête a fait un léger mouvement vers la gauche.

Je réfléchis à la façon dont je vais m’y prendre… un camion passe sur la voie du centre. On a encore du temps.

Je me penche et d’un geste brusque, je retire la boîte de conserve.

Surprise elle ne bouge pas et semble fixer droit devant elle…
Normalement aussitôt qu’une marmotte s’aperçoit d’une présence quelconque, elle déguerpit à toute allure.

À ce moment un camion suivi d’un 4X4 passe devant nous.
Elle fonce droit devant elle et sous la roue arrière du 4×4.
Plus de marmotte, la mort fut instantanée.
J’étais bouleversé…

Je suis resté assis quelques instants sur le rebord de ciment.
J’étais furieux à l’endroit du chauffeur de 4X4, mais je dois admettre qu’il lui était impossible de l’apercevoir et même si, comment aurait-il pu freiner à temps.
Puis je suis devenu furieux après moi.

J’aurais dû avant de traverser et de lui enlever la boîte, arrêter la circulation.

Du moins essayer, en faisant de grands signes…
Et si mon geste avait provoqué un accident…
Quelle idée a-t-elle eu d’aller se fourrer la tête dans une boîte vide ?

J’aurais dû la prendre dans mes bras, retraverser l’autoroute, enlever la boîte, et la lancer dans le champ.
Et puis si je m’étais mêlé de mes affaires, peut-être serait-elle encore en vie.

Si elle a pu traverser une fois sans se faire frapper, peut-être aurait-elle eu autant de chance au retour…

Je suis allé au lit vers minuit,, je revoyais la pauvre marmotte et surtout j’entendais le son du …impossible de dormir.

La mort d’un insecte me boulerse, alors là… je me suis relevé et je vous ai décrit les derniers instants d’une marmotte qui avait la tête coincée dans une boîte de métal.

Morale : j’en sais rien, mais peut-être allez-vous en trouver une !

Imprimer ce texte - Cliquez ici pour recevoir ce texte par courriel