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Vous voulez vraiment arrêter de fumer ? (suite) Un texte de Michelle Dion

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Vous voulez vraiment arrêter de fumer ?
Deuxième partie

PREMIÈRE PARTIE

Un homme dans la cinquantaine vint s’asseoir près de moi sur le banc.

Tousseur et « crachouilleur », il parlait à son voisin de gauche de son cancer du poumon. N’ayant plus espoir d’améliorer sa situation, la cigarette demeurait son seul plaisir en ce bas monde et il n’avait rien à gagner à s’en priver, disait-il. Il quitta à son tour d’un pas chancelant pour retourner à l’intérieur après avoir fumé coup sur coup deux cigarettes. J’en eus pitié.

Une jeune femme vint aussitôt prendre sa place. Je devinai, par le badge pendant à son cou, que c’était une infirmière. Elle alluma un cigarillo puant. Les yeux fermés, la tête penchée vers l’arrière, elle semblait savourer son cigare à chaque inspiration et elle rejetait des volutes de fumée qui allaient se perdre dans le nuage des autres fumeurs. Elle resta, elle aussi, le temps de sa pause et repartit en déposant ce qu’il restait de son cigare encore fumant, dans le grand cendrier.

Le va-et-vient des fumeurs ne cessa pas durant toute la demi-heure que je passai sur le banc. Il en vint au moins une douzaine.

J’avoue que j’étais soulagée de voir arriver l’autobus du transport adapté. Je n’en pouvais plus de regarder ce triste spectacle de personnes complètement dépendantes d’une drogue qu’elles n’avaient probablement pas choisie, victimes de l’ignorance dans laquelle nous avons été maintenus pendant tant d’années au sujet des dangers de la cigarette.

Comment aurait-on pu savoir, dans les années 70, que celle-ci apporterait ce lot de maladies toutes plus pénibles les unes que les autres?

Et que dire de la dépendance maudite?

Amis fumeurs, je sympathise avec vous et je souhaite vivement que mon histoire, on ne peut plus véridique, vous portera à la réflexion.

Peut-être n’avez-vous jamais eu l’occasion de voir la détresse des personnes malades aux prises avec cette drogue, car c’en est une! Elles ne sont pas toutes victimes du cancer du poumon, mais elles sont toutes prisonnières, en quelque sorte, de ce besoin de nicotine qui leur empoisonne l’existence.

Devoir fumer à l’extérieur semble déjà pénible en plein été… qu’arrive-t-il au mois de janvier, par 15 sous zéro?

J’ai peine à l’imaginer.

Un jour qu’on discutait des problèmes de santé occasionnés par la cigarette, un ami fumeur me dit: « Faut bien mourir de quelque chose! » Oui, je sais, nous mourrons tous un jour, mais si on pouvait alléger les souffrances de sa propre fin de vie, ne vaudrait-il pas la peine d’écraser avant qu’il ne soit trop tard?

Après avoir reconduit mon amie à sa chambre, je suis rentrée directement à la maison. Mon bien-aimé me demanda alors si j’avais fait un détour par le salon de cigares!

Même en plein air, mes cheveux et mes vêtements avaient eu le temps de s’imprégner de l’odeur de fumée dans laquelle j’avais baigné pendant une trentaine de minutes.

Et je ne parle pas de la fumée secondaire que j’ai sans doute respirée… invisible, mais sûrement emmagasinée quelque part dans mon système.

je remercie le ciel de m’être étouffée noir lors de ma première tentative d’en griller une lorsque j’avais 14 ans!

Michelle Dion

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