Accueil Louise Turgeon DE TOUT DE RIEN Une histoire de chasse – Texte Michelle Dion

Une histoire de chasse – Texte Michelle Dion

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Voici une histoire de chasse pour le moins insolite. Je vous raconte ma première expérience, sans fusil ni gibier! Vous comprendrez, si vous me lisez jusqu’au bout, pourquoi je n’y suis jamais retournée.

Vous connaissez l’Isle-aux-Grues? Moi, j’ai connu ce village charmant parce que mon beau-frère Gilles y est né, y a élevé sa famille et y réside encore avec sa femme, même si leurs deux filles ont quitté l’île pour faire leur vie en ville. C’est toujours avec grand plaisir que j’y retourne et j’ai pu y apprécier toutes les saisons… sauf l’hiver.

Pour vous situer, l’Isle-aux-Grues fait partie d’un archipel que l’on retrouve au centre du St-Laurent, à l’est de Québec, dans une zone comprise entre l’Île d’Orléans et l’Îsle-aux-Coudres. On doit obligatoirement prendre un bateau en été, ou un avion en hiver pour s’y rendre. Je ne suis pas brave dans les airs et c’est ce qui explique que je n’y sois jamais allée pour le carnaval d’hiver dont on dit pourtant le plus grand bien.

Cette île est particulièrement reconnue comme paradis pour les chasseurs et les différentes activités qui s’y déroulent attirent chaque année quantité de touristes et des journalistes de partout viennent y faire des reportages pour leurs journaux et magazines.

C’est un des lieux d’escale favoris de la grande oie blanche.

Vers le début d’octobre, les « éclaireuses » descendent de l’Arctique, bientôt suivies du troupeau qui atteint plusieurs centaines de milliers d’oiseaux, même le million à ce que disent les experts. C’est le plus beau des spectacles que de voir arriver ces immenses volées qui se posent sur les battures tel un ballet gracieux et ces migrations sont attendues avec fébrilité par les insulaires. Depuis toujours la sauvagine fait partie du paysage, mais bernaches, canards, sarcelles et bécassines sont aussi au rendez-vous.

L’Isle-aux-Grues se transforme alors en une grande pourvoirie et tous les lieux d’hébergement sont réservés aux chasseurs qui viennent de tous les coins du Québec, des Etats-Unis et même d’Europe.

Il y a quelques années, je suis allée y passer le week-end de l’Action de Grâce, justement dans le temps de la chasse, même si ce sport ne m’attire pas particulièrement.

Je vous avouerai que je suis même incapable de ramasser un oiseau mort qui a foncé tête première dans une vitre de notre solarium. Je laisse cette tâche à mon époux chéri. Alors vous imaginez bien que je ne voulais pas aller chasser des oiseaux, les créatures animales que j’aime entre toutes. Je souhaitais tout simplement savoir comment ça se passe dans une cache, à l’affût du gibier.

J’avais vu de brèves séquences dans des documentaires à la télévision, mais je voulais constater par moi-même ce qui peut tant attirer les chasseurs qui sont nombreux à parcourir de longues distances et à braver les intempéries automnales pour avoir l’opportunité de tuer quelques oiseaux.

Je demande donc à mon beau-frère, ancien guide de chasse, s’il accepterait que je l’accompagne lors de sa prochaine expédition. Il consent en m’avertissant toutefois que je devrai garder le silence et ne pas bouger pour ne pas effrayer les oiseaux, ce qui mettrait en rogne les autres chasseurs qui partagent la cache. Pas de problème. Je promets d’être aussi tranquille qu’une sœur contemplative à l’heure de la méditation!

Si vous n’avez jamais vu une cache de près, je vous dirai que c’est construit en béton et ça consiste en un genre de fosse rectangulaire dans laquelle se trouve un unique banc.

Ladite cache disparaît complètement sous l’eau lorsque la marée monte et on ajoute des branchages par-dessus l’ouverture (lorsque la marée est redescendue, bien entendu!) pour camoufler les chasseurs et ainsi déjouer les oiseaux plus aventureux.

Y logent normalement deux ou trois chasseurs, dépendant de la grandeur de l’abri, et il s’en dégage une odeur de varech assez intense qui nous prend au nez lorsqu’on y est pas habitué.

À suivre sous peu …

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Louise Turgeon
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