Publié Le 07 Juin 2017

Les Chefs Du Renseignement Secoués Au Congrès Sur Trump & La Russie…

Dan Coats, directeur du Renseignement, et Mike Rogers, directeur de la NSA, ont témoigné devant des membres du Conngrès, mercredi.

Photo AFP

Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Deux chefs du renseignement américain ont affirmé au Congrès ne jamais avoir subi de pression de la Maison-Blanche mais ont été mis en difficulté lorsqu’ils ont été questionnés sur le contenu précis de leurs discussions avec Donald Trump sur la Russie.

L’audition parlementaire de ces hauts responsables, très attendue, intervenait alors que l’enquête sur une éventuelle collusion entre des proches de Donald Trump et la Russie atteint le premier cercle du président, lui-même soupçonné d’avoir limogé en mai le patron du FBI, James Comey, afin d’entraver les investigations.

Quelques heures avant le début des auditions, le dirigeant américain a d’ailleurs nommé le remplaçant de M. Comey: Christopher Wray, un juriste relativement peu connu, ancien haut responsable de la Justice sous George W. Bush dans les années 2000. Il devra être confirmé par le Sénat.

Dans des déclarations pesées au trébuchet, Dan Coats, directeur du Renseignement nommé cette année, et Mike Rogers, directeur de l’agence d’espionnage NSA depuis trois ans et demi, ont déclaré lors d’une audition publique devant la commission du Renseignement du Sénat…

Qu’ils n’avaient jamais subi de pression pour orienter «une enquête en cours», dans le cas du premier, et pour «faire quoi que ce soit d’illégal, d’immoral, de contraire à l’éthique ou d’inapproprié», dans le cas du second.

Mais leur a-t-on «demandé» d’influencer une enquête en cours, a insisté le sénateur républicain Marco Rubio ?

«Je ne m’aventurerai pas dans cette direction lors d’une audition publique», a répondu Dan Coats, visiblement mal à l’aise et redoublant de prudence. Il a semblé en revanche prêt à répondre aux sénateurs dans un cadre fermé, à huis clos.

«J’en resterai à ma déclaration précédente», a répété Mike Rogers plusieurs fois, refusant absolument de commenter la moindre conversation avec le président américain.

«Vous vous rendez compte qu’il serait plus simple de dire non ?» a relancé le démocrate Martin Heinrich.

«Je ne partage pas en public mes conversations avec le président», a répondu Dan Coats, ancien sénateur républicain, nommé cette année par Donald Trump à son poste.

Malaise

Ils ont de facto refusé de démentir des informations de presse selon lesquelles M. Trump leur aurait demandé, en vain, de publiquement démentir l’existence d’une collusion entre proches de Donald Trump et Moscou.

Le Washington Post a aussi affirmé que le président aurait demandé à Dan Coats d’intervenir auprès de James Comey pour classer un volet de l’enquête sur Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité nationale.

Les sénateurs, démocrates mais aussi plusieurs républicains, ont été particulièrement agacés par le refus des responsables de répondre aux questions sur leurs échanges avec M. Trump, certains d’entre eux prétextant que ces discussions étaient confidentielles voire classifiées.

«Quelle est la base juridique de votre refus de témoigner devant cette commission ?», a tancé le sénateur indépendant Angus King. «Je ne suis pas sûr d’en avoir», a bredouillé Dan Coats.

De même, le directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe, a refusé d’évoquer les circonstances floues du limogeage de James Comey.

L’ex-directeur, silencieux depuis son éviction le 9 mai, témoignera dans la même salle jeudi matin, dans ce qui s’annonce comme un événement.

Le grand oral sera exceptionnellement retransmis sur les chaînes généralistes ABC, CBS et NBC, en plus des chaînes d’information. Des bars de la capitale fédérale ouvriront le matin pour le diffuser.

M. Comey sera appelé à confirmer si, oui ou non, le président américain a fait pression sur lui pour orienter ou faire classer l’enquête sur M. Flynn…

Ce qui ressemblerait à une tentative d’entrave de la justice, un délit qui, selon des élus, justifierait l’ouverture d’une procédure de destitution.

Selon ABC et CNN, M. Comey ne devrait pas aller jusqu’à accuser le président d’obstruction, mais il aurait l’intention de démentir certains propos de M. Trump…

Qui a notamment affirmé en mai que l’ex-directeur l’avait assuré qu’il n’était pas concerné par les investigations. Le dirigeant a aussi sous-entendu qu’il avait des enregistrements de leurs conversations.

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Publié Le 07 Juin 2017

Les Allégations D’ingérence De La Russie «Pires» Que Le Watergate

L’ancien directeur du renseignement américain, James Clapper.

Archives  AP

Rod McGuirk
Associated Press
Canberra

Le scandale du Watergate, qui a pourtant fait tomber le président Richard Nixon, n’est «rien en comparaison» avec les allégations selon lesquelles l’équipe de Donald Trump aurait été de mèche avec Moscou pendant la dernière campagne présidentielle américaine, a déclaré mercredi un ancien directeur du renseignement américain.

James Clapper, qui a dirigé le renseignement national des États-Unis jusqu’en janvier, a déclaré devant la Tribune de la presse nationale, en Australie, que le cambriolage en 1972 de l’hôtel Watergate à Washington, où se trouvait le siège national du Parti démocrate, était une «période effrayante».

Les multiples allégations d’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016 sont toutefois beaucoup plus préoccupantes, a-t-il dit.

M. Clapper a ajouté que la décision de M. Trump de congédier James Comey, le patron de la police fédérale, témoignait d’un manque de respect total envers l’indépendance et l’autonomie du FBI.

De plus, le partage par M. Trump avec la Russie de renseignements concernant Daech (le groupe armé État islamique) est le signe «soit d’une ignorance, soit d’un manque de respect, et tous deux sont très problématiques».

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Publié Le 07 Juin 2017

Témoignage Accablant De L’ex-Chef Du FBI Contre Donald Trump

L’ancien chef du FBI raconte en détails un dîner à la Maison-Blanche lors duquel Donald Trump lui aurait dit: «J’ai besoin de loyauté, je m’attends à de la loyauté».

Archives, Associated Press

Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

James Comey, ex-directeur du FBI limogé par Donald Trump, a livré mercredi un témoignage explosif sur les interventions du président américain dans l’enquête sur la Russie, risquant d’exposer le dirigeant à des accusations d’entrave à la justice.

À la veille de son audition publique et très attendue au Sénat, M. Comey a dans une déclaration écrite de sept pages confirmé que le milliardaire lui avait demandé d’abandonner toute enquête sur Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale mêlé à l’affaire de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle et évincé en février.

«J’espère que vous pourrez trouver une façon d’abandonner cela, de lâcher Flynn. C’est un homme bien», lui aurait dit le président lors d’une rencontre en tête à tête le 14 février dernier dans le Bureau ovale.

Selon M. Comey, cette requête concernait toute investigation relative aux «fausses déclarations de M. Flynn concernant ses conversations avec l’ambassadeur russe en décembre», et non l’enquête plus large sur l’éventuelle collusion entre la Russie et la campagne du républicain.

«Cela m’a beaucoup inquiété, étant donné le rôle du FBI comme service d’investigations indépendant», écrit M. Comey.

Michael Flynn est accusé d’avoir menti au vice-président en ne révélant pas qu’il avait évoqué les sanctions américaines contre Moscou dans ces échanges.

L’ancien chef du FBI raconte aussi en détails un dîner à la Maison-Blanche du 27 janvier, lors duquel Donald Trump lui aurait dit: «J’ai besoin de loyauté, je m’attends à de la loyauté».

«Je n’ai pas bougé, parlé ou changé l’expression de mon visage», écrit l’ancien grand policier, décrivant «un silence gênant».

Et quand le président, en fin de repas, l’a relancé sur la question de la loyauté, M. Comey a répondu qu’il «aurait toujours de l’honnêteté de sa part».

«C’est ce que je veux, de la loyauté honnête», a dit M. Trump. «J’ai fait une pause et dit: “Cela, vous l’aurez”».

Michael Flynn

AP

Trump pas visé par l’enquête

Cette déclaration a été publiée par la commission du Renseignement du Sénat, où l’ancien chef du FBI témoignera lors d’une audition publique jeudi matin 10h00, devant les caméras du monde entier.

Il y confirme également qu’il a consigné à l’époque dans des notes le contenu de ses conversations avec le président américain, comme l’avaient rapporté plusieurs médias.

Deux autres coups de fil ont également eu lieu entre les deux hommes, le 30 mars et le 11 avril. Dans ces conversations, le locataire de la Maison-Blanche a demandé au patron du FBI ce qui pouvait être fait pour «lever le nuage» de l’enquête russe, dont l’ombre l’empêcherait d’agir efficacement au nom du pays, selon ce récit.

L’ex-policier a alors confirmé que le président lui-même n’était pas visé par l’enquête. «Il m’a dit à de nombreuses reprises: «nous devons révéler ce fait»», écrit M. Comey.

«Le président a ajouté que si certains de ses proches «satellites» avaient fait quelque chose de mal, ce serait bien de le découvrir, mais qu’il n’avait rien fait de mal et qu’il espérait que je trouve une façon de dire que nous n’enquêtions pas sur lui», poursuit-il. «Je lui ai dit que je verrais ce que nous pourrions faire».

Dans le coup de téléphone d’avril, le président l’a relancé.

Le récit de M. Comey est frappant par la description sans équivoque du malaise suscité par les requêtes à répétition du président.

Après son tête-à-tête du Bureau ovale, que le président avait préalablement vidé de tous ses conseillers, James Comey a «imploré» le procureur fénéral des États-Unis Jeff Sessions «d’empêcher toute future communication directe entre le président et moi».

Ces faits minutieusement détaillés confirment des informations de presse publiées depuis le limogeage soudain du 9 mai, et qui avaient conduit plusieurs élus du Congrès à soupçonner une tentative d’entrave à la justice et, pour quelques uns, à réclamer l’ouverture d’une procédure de destitution.

Afin de protéger l’indépendance de l’enquête du FBI sur la Russie et une éventuelle collusion avec les équipes de campagne Trump, la Justice a nommé un procureur spécial, Robert Mueller, le 17 mai.

Les réactions ont commencé à tomber mercredi quelques minutes après la publication du document.

«Toute cette histoire est folle», a tweeté la sénatrice Elizabeth Warren.

À l’inverse, le parti républicain a fait valoir que trois fois, en janvier et en mars, James Comey avait confirmé à Donald Trump ce que celui-ci clame haut et fort depuis des mois: à savoir qu’il n’est pas lui-même visé par les investigations russes.

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Amicalement De Louise

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