Les Animaux…En Quête D’Ivresse ?

Les animaux consomment des substances psychoactives de manière répétée et possiblement, délibérée…

Recherchent-ils des états d’ivresse ?

Ça plane pour eux ! En Suède, les élans se saoulent en mangeant des fruits fermentés. Les éléphants du Gabon consomment une racine hallucinogène, l’iboga. En Australie, les wallabys, petits marsupiaux, raffolent du pavot. Les musaraignes de Malaisie boivent le nectar fermenté des palmiers.

Les merles et les mouches drosophiles s’abreuvent de l’alcool de fruits. Les animaux seraient-ils friands d’états modifiés de conscience ? « Les animaux dans la nature vont volontairement, et de manière répétitive, consommer des plantes et des champignons psychoactifs. (…)

De nombreux cas suggèrent que l’effet psychoactif est le moteur primaire de cette consommation. Souvent, seulement une petite quantité de la plante ou du champignon est consommée, donc son effet nutritionnel est minuscule alors que son effet psychoactif est important », rapporte le neurobiologue David Linden dans son article « Bob Dylan and Siberian Reindeer agree : everybody must get stoned

 Des chercheurs ont observé que l’alcool affectait le chant des oiseaux, le rendant plus désordonné et moins fort.

 Le chant du diamant mandarin change lorsqu’il est sous l’influence de l’alcool. LUIS CASIANO/BIOSPHOTO/AFP

 SAOULS. Du haut de ses dix centimètres et de ses quinze grammes, difficile d’imaginer le diamant mandarin (Taenipygia guttata) en état d’ivresse.

Pourtant, des chercheurs de la Oregon Health & Science University ont remplacé l’eau d’un groupe d’oiseaux de cette espèce par une solution alcoolisée afin d’évaluer l’effet de l’alcool sur leur façon de chanter. Ainsi, ils ne les ont pas forcés à boire, ceux-ci pouvant refuser d’ingérer le mélange alcoolisé. Résultat…

Comme les humains, ils éprouvent des difficultés de langage sous l’influence de l’alcool. “Les effets les plus importants ont été la diminution de l’amplitude et l’augmentation de l’entropie”, énoncent les chercheurs dans leur étude publiée dans Plos One. Autrement dit, le chant des oiseaux était plus faible et moins organisé.

Pourquoi Faire Trinquer Les oiseaux ?

Mais quelle mouche a piqué les chercheurs, de vouloir faire boire les diamants mandarins ? C’est parce que cette espèce et la nôtre ont des similitudes dans leur apprentissage du langage.

Ainsi, les petits diamants mandarins qui apprennent à chanter ont besoin d’une période de développement prolongée ainsi que d’un modèle (leurs parents) pour développer leur chant.

Un peu comme les jeunes humains avec leurs parents. De ce fait, les chercheurs comptent sur l’étude de cet oiseau pour mieux comprendre les difficultés de langage liées à l’état d’ébriété chez l’humain.

“Le diamant mandarin est potentiellement une espèce importante pour mieux comprendre comment l’alcool affecte les comportements sociaux des humains”, espèrent les chercheurs.

Ceux-ci ont notamment remarqué que les oiseaux peuvent boire sans mettre un frein à leur consommation alcoolique.

Et si certains s’arrêtent en chemin, d’autres continuent jusqu’à des niveaux dangereux pour l’homme (0,08 %). 

“Il est intéressant de noter que l’alcool n’avait pas un effet aversif sur les diamants mandarins” assurent les chercheurs. 

Les chercheurs ont aussi remarqué que les sons du chant des oiseaux étaient modifiés différemment par l’alcool selon leurs fréquences et leurs amplitudes.

Cette observation les incite à croire que le son émis par ces animaux mobilise différentes parties du cerveau, et que toutes ne sont pas pareillement sensibles à l’alcool.

En effet, l’exemple le plus frappant reste celui des rennes de Sibérie, qui adorent lécher l’urine des humains ou de leurs congénères ayant auparavant consommé des amanites-tue-mouches.

Est-ce parce que le principe actif de ces fameux champignons au chapeau rouge est toujours présent dans l’urine de ceux qui l’ont ingurgité ?

Clairement, les rennes ne se battent pas pour de l’urine pour des raisons nutritives. Le peuple Chuckchee de Sibérie lui-même collecte la neige tachée de l’urine des chamanes après les cérémonies.

80% de la muscimole contenue dans les amanites-tue-mouches – ingrédient clé des breuvages consommés lors des rituels – s’y retrouve.

Sa consommation est un ticket gagnant pour un voyage surprenant. Les rennes pourraient bien aimer, eux aussi, errer dans des états altérés.

L’étude de la pharmacologie, des états hallucinatoires et du comportement animal, a alors amené le Dr Ronald K. Siegel, chercheur en psychiatrie à l’université de Californie, à affirmer que toutes les créatures cherchent l’ivresse par moments.

« Ce comportement est tellement puissant et persistant que nous pouvons l’apparenter à une pulsion, tout comme la faim, la soif ou la sexualité », appuie-t-il. Ainsi, la recherche d’états modifiés de conscience ne serait pas le propre de l’homme.

Dans de nombreux pays, les forces de l’ordre sont régulièrement appelées pour dégager des animaux enivrés des espaces publics, et si vous rêvez de siroter un cocktail sur une plage des Caraïbes, il vous faudra peut-être bien protéger votre verre des singes qui en raffolent tout autant que vous.

Que se passe-t-il dans la tête de ces créatures dans ces moments particuliers ? Leur arrive-t-il aussi de voyager dans d’autres dimensions ? Peut-on imaginer qu’à l’instar des chamanes ils puissent également côtoyer des esprits divers et variés ?

(Source : INREES)

Amicalement De Louise

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Louise Bourgoin

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