Publié Le 26 Janvier 2017…

Le Président Mexicain Annule Sa Visite À Washington…

Le président mexicain Enrique Peña Nieto.

Photo Reuters

Nicolas Revise, Jérôme Cartillier
Agence France-Presse
Washington

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a fait savoir jeudi qu’il a informé les dirigeants américains qu’il ne se rendra pas à Washington le 31 janvier, pour y rencontrer son homologue Donald Trump.

«Ce matin j’ai informé la Maison Blanche que je n’assisterai pas à la réunion de travail programmé mardi prochain avec @POTUS», a écrit M. Peña Nieto dans un message sur Twitter.

La réaction du Mexique était attendue depuis que M. Trump a lancé, jeudi sur Twitter, que «si le Mexique ne veut pas payer pour […] le mur, alors il serait préférable d’annuler la rencontre» à Washington.

Le président des États-Unis a annoncé mercredi la construction d’un mur entre les deux pays et répété que le Mexique devra en acquitter la facture. Le Mexique est contre ce projet et maintient qu’il ne versera pas un sou.

L’ancien ministre mexicain des Affaires étrangères Jorge Castañeda avait déclaré à la presse locale que, selon lui, M. Peña Nieto n’avait tout simplement pas d’autre choix que d’annoncer son intention de ne pas aller à Washington.

Le ministre des Finances José Antonio Meade avait quant à lui expliqué à la radio mexicaine que «règle générale, les échanges diplomatiques ne se font pas sur Twitter».

 
 

«Je regrette et condamne la décision des États-Unis de continuer la construction du mur qui, depuis des années, au lieu de nous unir, nous divise», a déclaré Enrique Peña Nieto dans un bref message vidéo diffusé mercredi soir sur son compte Twitter.

«Vous êtes les bienvenus à Chicago»

Donald Trump a par ailleurs signé un autre décret mercredi pour appliquer plus sévèrement la législation sur l’immigration. Il prévoit de réduire les financements fédéraux de Washington pour les quelque 200 «villes sanctuaires» aux États-Unis qui accueillent depuis des décennies des immigrés clandestins.

Le président s’est attiré les foudres des maires démocrates de Los Angeles, New York ou Chicago. Ce dernier, Rahm Emanuel, ancien secrétaire général de la Maison Blanche sous Barack Obama, a lancé…

«Que vous soyez de Pologne, du Pakistan, de l’Inde, d’Irlande, d’Israël, du Mexique ou de Moldavie, vous êtes les bienvenus à Chicago».

Après le lancement du projet de mur, dont le financement et le calendrier posent encore d’innombrables questions, Donald Trump pourrait signer un autre décret, cette fin de semaine, qui bloquerait pendant un mois l’arrivée en Amérique de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Ce projet de décret présidentiel, que le quotidien Washington Post a publié mercredi, est intitulé «Protéger la nation d’attaques terroristes par des étrangers» et prévoit également l’arrêt complet pendant quatre mois du programme américain d’admission de réfugiés de pays en guerre.

Les Syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, et dont seulement 10 000 ont été acceptés aux États-Unis en 2016, seraient, eux, définitivement interdits d’entrer.

Le nouveau président américain, élu sur des slogans de campagne isolationnistes et de lutte contre le «terrorisme islamique radical», veut diviser par deux le nombre de réfugiés accueillis en 2017, selon ce projet de décret.

L’administration de Barack Obama s’était donnée l’objectif de plus de 100 000 réfugiés acceptés cette année. L’administration Trump en viserait dorénavant seulement 50 000, toutes nationalités confondues.

«Un monde en colère»

Le nouvel occupant de la Maison Blanche a défendu ces mesures, affirmant mercredi soir sur ABC qu’il fallait agir dans «un monde en colère».

«Ce n’est pas une interdiction contre les musulmans mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme», a affirmé le milliardaire.

Avant même que le décret ne soit officiellement signé, il a été dénoncé par des groupes de défense des droits de l’homme.

«Tourner le dos à des réfugiés vulnérables ne va pas protéger les États-Unis», a condamné l’ancien patron du centre national du contre-terrorisme, Michael Olsen, aujourd’hui membre de l’association Human Rights First.

Au contraire, «cela va nourrir le récit mensonger de [l’organisation jihadiste] État islamique pour qui nous sommes en guerre contre les musulmans et non contre les groupes terroristes», a-t-il tonné.

Aux yeux aussi de l’ancien ambassadeur américain en Irak et en Syrie, Ryan Crocker, «interdire l’admission de réfugiés syriens va à l’encontre des valeurs de l’Amérique et sape son leadership».

Mais le président Obama ne s’était pas montré particulièrement généreux envers ceux qui fuient la guerre en Syrie, Washington n’ayant accueilli que 18 000 Syriens depuis 2011.

-Avec Associated Press

Amicalement De Louise

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