Fusée Réutilisable, Le Pari De SpaceX   (Vidéo)

La société américaine SpaceX a récemment tenté la récupération de l’étage principal de sa fusée Falcon-9 au cours d’un lancement. Décryptage avec notre expert : Christophe Bonnal.

(Source : CNES)

Fusée Réutilisable Par Spacex Pari

L’Américain n’a pas réussi à récupérer le premier étage de sa fusée Falcon 9. Mais il entend bien y arriver, ce qui pose (déjà) la question de l’avenir d’Ariane 6.

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Elon Musk, le très charismatique fondateur de SpaceX, va devoir attendre encore un peu avant de fumer un Havane.

La tentative, samedi matin, de récupération en mer du premier étage de la fusée Falcon 9 n’a pas réussi, mais pour la société américaine de lancement spatiaux ce n’est que partie remise.

« La fusée est revenue sur la plate-forme en mer mais s’est posée brutalement. Pas de cigare cette fois-ci, mais c’est est encourageant pour l’avenir », a-t-il twitté, quelques minutes après l’échec.

Reporté deux fois , le lancement de cette Falcon 9 pour une mission de ravitaillement de la station spatiale internationale a été l’occasion de tenter un exploit technique à même de changer profondément les règles du marché…

Récupérer intact le premier étage du lanceur sur une plate-forme au large des côtes de Floride, dans l’optique de le réutiliser pour un prochain tir.

L’Accès À  L’Espace Pour Rien, Ou Presque…

En clair, il s’agit d’ouvrir la voie au concept de fusée (en partie) réutilisable, alors que le schéma actuel consiste à les construire à la chaîne.

« Un lanceur complètement et rapidement réutilisable – ce qui n’a jamais été fait jusque là – est la clé pour parvenir à une réduction massive du coût de l’accès à l’espace », rappelle SpaceX. De quoi faire imploser le marché du lancement de satellites, et Ariane avec !

Preuve de sa détermination, le concurrent d’Arianespace avait au préalable réussi à faire décoller une fusée sur plusieurs centaines de mètres et à la faire atterrir en douceur exactement là où elle s’est envolée.

« La stabilité du posé était impressionnante », reconnaît un ingénieur européen. Deux amerrissages en douceur ont suivi.

Cette fois-ci – et Elon Musk le reconnaissait lui même – la probabilité de succès était très faible puisqu’il s’agissait de faire se poser l’équivalent d’un bloc de 14 étages…

Qui descend à 1.300 mètres par seconde sur une plate-forme flottante de 90 mètres sur 30 mètres !

En attendant la prochaine tentative, Elon Musk montre une fois de plus que c’est lui qui donne le « la ». Face aux tirs à prix cassés de SpaceX, l’Europe a dû réagir mais l’accouchement d’Ariane 6 s’est fait dans la douleur.

Il a fallu tout reprendre quasiment de zéro en six mois pour parvenir à un consensus lors de la dernière conférence ministérielle des Etats membres de l’Agence spatiale européenne, l’ESA, le 2 décembre dernier à Luxembourg.

Une Guerre De Retard

Telle que prévue, la nouvelle génération d’Ariane sera beaucoup moins chère que l’actuelle , et pourra donc rivaliser face à Space X et aux autres concurrents appelés à monter en puissance…

Comme les Japonais ou les Indiens, sans oublier les Russes qui reprennent de la vigueur.

Mais Ariane 6 ne décollera pas avant 2020 au mieux. Si d’ici là Elon Musk réussit son pari, l’Europe spatiale risque d’avoir une guerre de retard.

Complètement pris de court, l’ESA, le Cnes et le DLR (l’agence spatiale allemande) ont mis leurs meilleurs ingénieurs au travail.

Il s’agit de trancher cet été si oui ou non il y un intérêt économique à se lancer dans la bataille du réutilisable.

La messe n’est pas dite car cela soulève plusieurs questions liées à la puissance nécessaire pour revenir sur terre, au coût de remise en état des moteurs, où à la perte des économies tirées de la production en cadence.

Qui plus, est rappelle Stéphane Israël, le PDG d’Arianespace, il faut convaincre les opérateurs de placer leurs satellites à bord d’un lanceur qui a déjà servi…

Quoiqu’il en soit, il n’y a pas une minute à perdre car une Ariane 6 récupérable n’est pas envisageable avant 2025 au mieux.

En confiant plus de responsabilité à Airbus et Safran, les deux industriels principaux de la filière, l’Europe spatiale s’est donné les moyens de réagir vite si nécessaire. C’est déjà un énorme progrès.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/0204070398749-spacex-nouvel-essai-de-lancement-de-la-capsule-dragon-1081892.php?MxQ1P2hUvfoEim8c.99

 
 
 Amicalement De Louise
88888

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Louise Bourgoin

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