Tout le clan qui gravite autour du chef Antonin Mousseau-Rivard – dont son père, le chanteur Michel Rivard, et sa nièce Romy – a participé au repas de Noël éclaté qui a eu lieu au restaurant Le Mousso au mois de novembre.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

Ève Dumas
La Presse

Les familles éclatées n’ont pas les Fêtes faciles. Depuis des lustres, chez les Mousseau-Rivard, un souper de dinde n’attend pas l’autre. Mais pas cette année. En 2015, le père Noël passera une seule fois, au restaurant Le Mousso, où le jeune chef dérogera de sa sacro-sainte tradition et servira tout sauf un gros volatile au centre de la table. Bienvenue au Noël éclaté d’Antonin Mousseau-Rivard.

Pour nous mettre dans l’ambiance des Fêtes et croquer quelques photos sur le vif, nous avons fêté Noël en novembre avec le clan étoilé qui gravite autour du chef. Réunis autour d’une longue table, pour savourer un repas non traditionnel, il y avait un membre fondateur de Beau Dommage, une comédienne devenue restauratrice, une « vadrouilleuse » radio-canadienne, une jeune chanteuse-choriste, un directeur de quotidien montréalais et une chevalière de l’Ordre national du Québec, entre autres. C’était tout sauf ennuyeux !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Le Mousso n’a pas ouvert ses portes dans l’indifférence, et encore moins dans l’anonymat. Le fils du musicien Michel Rivard et de la comédienne Katerine Mousseau (copropriétaire du restaurant), petit-fils de l’actrice Dyne Mousso et du peintre Jean-Paul Mousseau, est un jeune artiste de l’assiette en train de faire son nom.

C’est d’ailleurs grâce à ses magnifiques présentations, reprises entre autres par les comptes Instagram The Art of Plating et Gastroart (plus de 200 000 abonnés chacun), que Le Mousso a réussi à lui-même attirer plus de 20 000 fidèles sur ce réseau social en quelques mois à peine.

De Créativité Et D’Audace

Le chef a commencé à développer sa signature culinaire tandis qu’il dirigeait la cuisine du Contemporain, restaurant du musée d’art portant le même nom. Avec sa mère Katerine, il a même racheté la concession. Pour des raisons d’emplacement et d’accessibilité, entre autres, le cuisinier a plafonné dans cet environnement après cinq ans et a décidé de créer sa propre maison, entièrement à son image, où sa créativité aurait le champ libre.

Le Mousso est un restaurant qui fait une proposition fort audacieuse à ses clients : un menu unique en sept services, avec ou sans accords liquides. Les vins sont pour la plupart issus de l’agriculture biologique ou biodynamique. Bières et spiritueux québécois sont bien représentés derrière le bar. Ce sont les saisons qui guideront les changements de menus.

La formule est osée, certes, puisqu’elle n’incite pas nécessairement à une fidélisation de la clientèle. « Nous ne sommes pas un restaurant de quartier, c’est sûr. Mais nous visons justement une clientèle de gastronomes venant d’un peu partout », raconte le chef.

« Déjà, le compte Instagram a attiré des gens de l’autre bout du monde », affirme Antonin Mousseau-Rivard.

Le menu fixe comporte de nombreux avantages, tant pour la cuisine que pour la clientèle. Par exemple, comme le nombre de plats est limité, chacun d’entre eux est bien maîtrisé avant de se rendre jusqu’à la table. Aussi, les pertes sont quasi inexistantes, puisque les quantités sont calculées en fonction des réservations. Exit le gaspillage !

À Montréal, peu, voire aucun restaurant ne pratique une formule aussi ferme. Mais certains, comme Le Fantôme et le Labo culinaire, par exemple, offrent une carte si courte que la table finit souvent par la commander en entier au cours d’un repas.

Une Vocation De Longue Date

Chose certaine, Le Mousso est à des années-lumière du restaurant où Antonin a fait son école. Les Sarcelles, à Saint-Lambert, était un restaurant de cuisine française on ne peut plus classique. « Vous a-t-il conté comment il s’est retrouvé là ? a lancé son père, Michel Rivard, lors de notre Noël en novembre. On était allés bruncher en famille aux Sarcelles et la propriétaire avait vu qu’Antonin connaissait le nom de tous les plats qu’il y avait sur la table. » Impressionnée, la dame lui a offert un emploi.

Mais comment cet adolescent à la dégaine de rappeur connaissait-il la cuisine française comme s’il avait été élevé aux soufflés et au homard thermidor ? Enfant de la télé, le petit Antonin était pris pour regarder l’émission de Julia Child et Jacques Pépin à PBS, seul poste qui « rentrait » au chalet de sa mère.

Après, il y a eu Daniel Vézina et Suzanne Lapointe, qui ont coanimé Attention, c’est chaud ! de 1996 à 2000. « À 11 ans, je savais que j’allais être cuisinier », déclare celui qui a aujourd’hui 20 années de plus.

Il ne savait pas, en revanche, que le métier de cuisinier lui en ferait baver autant. L’apprentissage dans une cuisine tenue par trois Français ne s’est pas fait dans la dentelle. Mais 10 ans, une dépression et un retour à l’école raté plus tard, Antonin pouvait néanmoins affirmer qu’il avait acquis une base solide sur laquelle il pouvait construire son style.

« Pendant plusieurs années, j’ai été terriblement angoissé de voir ce que les autres cuisiniers faisaient, raconte Antonin. Je voyais parfois des images de leurs plats. C’était tellement beau et j’avais tellement peur de plagier. »

Puis, il y a quelques années, le père Noël (sous les traits de papa Michel) lui a apporté le superbe livre du restaurant Noma en cadeau et Antonin a commencé à s’ouvrir à ce qui se passait dans les assiettes du monde.

Aujourd’hui, c’est le monde qui regarde ce qui se passe dans les assiettes du Mousso… et qui semble aimer ce qu’il voit !

 

Amicalement De Louise

Fêter Hors Des Sentiers Battus

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Louise Bourgoin

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