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DERNIÈRE HEURE – DONALD TRUMP RECONNAÎT JÉRUSALEM COMME CAPITALE D’ISRAËL

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Publié Le 06 Décembre 2017 À 13h17

Donald Trump Reconnaît Jérusalem Comme Capitale D’Israël…

Deux Palestiniens regardent l’annonce télévisée de Donald Trump dans un café à Jérusalem…

Photo AFP

Associated Press

Le président américain Donald Trump a reconnu mercredi après-midi Jérusalem comme la capitale d’Israël, une décision qui renverse des décennies de politique américaine et qui risque de provoquer des manifestations violentes.

Avec cette décision historique qui marquera son mandat, le 45e président des États-Unis tient l’une de ses promesses emblématiques de campagne. Mais il s’isole encore un peu plus sur la scène internationale et prend le risque d’anéantir les timides espoirs de reprise des discussions de paix entre Israéliens et Palestiniens.

«Il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël», a-t-il lancé lors d’une brève allocution depuis la Maison-Blanche au cours de laquelle il a insisté sur sa volonté de simplement reconnaître «une réalité».

«Les États-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties», a-t-il ajouté. «J’ai l’intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord», a-t-il encore dit au pupitre, debout devant un portrait de George Washington.

Défendant une décision qui aurait du être prise «depuis longtemps», M. Trump a aussi égratigné ses prédécesseurs qui «n’ont pas fait ce qu’ils avaient dit», peut-être selon lui par manque de «courage».

Toute reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, comme la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Avant même son discours, des dirigeants du monde entier avaient appelé le locataire de la Maison-Blanche à peser ses mots et mesurer les conséquences de ses actes, tant Jérusalem est un chaudron diplomatique.

Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump et de Benyamin Néthanyahou. Reuters

«Profonde Inquiétude» Du Pape

«Je ne peux taire ma profonde inquiétude», a déclaré le pape François, qui accorde un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints de trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

«J’adresse un appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l’ONU», a ajouté le souverain pontife.

L’Iran, bête noire de M. Trump, ne s’est pas privé de pincer la corde religieuse, en déclarant qu’il ne tolérerait pas «une violation des lieux saints musulmans».

Les groupes palestiniens ont appelé à trois «jours de rage». Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump.

Un rassemblement est prévu jeudi à Ramallah en Cisjordanie, territoire occupé par l’armée israélienne depuis 50 ans.

M. Trump a par ailleurs ordonné de préparer le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, sans fixer de calendrier pour ce déménagement qui devrait prendre des années.

L’Autorité palestinienne, interlocutrice des États-Unis, d’Israël et de la communauté internationale, avait prévenu par avance que si une telle décision était annoncée, Washington se discréditerait comme intermédiaire impartial de toute entreprise de paix.

Et que les efforts en ce sens du gendre et conseilleur de Donald Trump, Jared Kushner, seraient considérés comme terminés.

La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale «éternelle et indivisible».

Dans un apparent souci d’apaiser les Palestiniens, la Maison-Blanche s’est dite prête à soutenir «une solution à deux États», a souligné la Maison-Blanche.

À la grande frustration des Palestiniens, le président des États-Unis s’est jusqu’ici gardé d’adhérer à l’idée d’un État palestinien indépendant, solution référence de la communauté internationale.

Flanqué du vice-président Mike Pence, Donald Trump montre aux caméras la proclamation qu’il a signée pour officiellement  reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

AFP

«Incendie» Régional

«L’avenir de Jérusalem est quelque chose qui doit être négocié avec Israël et les Palestiniens assis côte à côte», a dit l’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov depuis Jérusalem, alors que les négociations de paix sont suspendues depuis 2014.

Alors que chacun guettait sa réaction, le premier ministre israélien Benyamin Néthanyahou est au contraire resté silencieux sur le sujet lors de son discours durant la même conférence.

M. Nétanyahou, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, a aussi, selon les médias, ordonné la discrétion à ses ministres pour ne pas attiser les tensions.

Plusieurs d’entre eux ont cependant salué l’augure, tel le ministre de l’Éducation Naftali Bennett qui a appelé d’autres pays à emboîter le pas aux États-Unis. Pour lui, la décision à venir de M. Trump «constitue un pas spectaculaire vers la paix».

Le secrétaire d’État des États-Unis Rex Tillerson a de son côté assuré que M. Trump restait «très engagé en faveur du processus de paix». «Nous continuons de croire qu’il y a une très bonne opportunité de faire la paix».

Le roi Salmane d’Arabie saoudite, grand allié de Washington, a prévenu qu’une telle décision risquait de provoquer «la colère des musulmans»…

Et la Turquie a brandi le spectre d’un «incendie» régional en jugeant qu’une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël «ferait le jeu des groupes terroristes».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan veut réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul. Une réunion d’urgence de la Ligue arabe pourrait avoir lieu samedi.

La Chine, le Royaume-Uni et le Pakistan ont joint leur voix au concert de réprobation.

M. Trump a demandé au département d’État d’entamer le long processus pour déménager l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la Ville sainte.

On ne sait toutefois pas quand le déménagement surviendra. Des responsables ont indiqué que plusieurs questions logistiques et de sécurité devaient d’abord être réglées.

Un emplacement devra aussi être choisi, ce qui veut dire que le déménagement ne se produira pas avant trois ou quatre ans…

Si la politique américaine ne change pas de nouveau.

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Le Canada Doit Aussi Transférer Son Ambassade À Jérusalem, Dit B’nai Brith Canada…

Le Canada Doit Aussi Transférer Son Ambassade À Jérusalem, Dit B’nai Brith Canada…

Sur cette photo, l’ambassade américaine à Tel Aviv.

Jack Guez, AFP

Joël-Denis Bellavance

La Presse
 (Ottawa) Alors que le président Donald Trump s’apprête à annoncer que son administration va transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, l’organisation juive B’nai Brith Canada exhorte le gouvernement Trudeau à emboîter le pas à Washington.
 
Dans une déclaration émise mercredi matin, le président et directeur général de B’nai Brith Canada, Michael Mostyn, a affirmé que le transfert de l’ambassade du Canada à Jérusalem est une décision qui aurait dû être prise il y a longtemps.

« Transférer l’ambassade est une décision qui relève du gros bon sens et qui s’impose depuis longtemps », a dit M. Mostyn.

« Jérusalem est la capitale indivisible et éternelle d’Israël et toutes les branches du gouvernement d’Israël y sont situées depuis 1950.

Reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël va faire progresser le processus de paix, et non pas le faire dérailler.

 

La véritable paix sera possible quand toutes les parties vont reconnaître le lien indélébile entre le peuple juif et leur Ville sainte », a-t-il ajouté.

Mais le gouvernement Trudeau a déjà fait savoir qu’il n’a guère l’intention d’emboîter le pas au président Trump dans sa volonté de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem.

« Notre position n’a pas changé concernant l’emplacement de l’ambassade canadienne.

Il n’est pas question de la transférer »,  a fait savoir mardi soir une source gouvernementale canadienne, qui a requis l’anonymat.

Le président Donald Trump a informé plusieurs dirigeants du Proche-Orient mardi de sa volonté de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, ignorant les mises en garde répétées contre une décision qui fait craindre une nouvelle escalade de violence dans la région.

Au bureau de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, un porte-parole, Adam Austen a affirmé que le Canada ne peut trancher sur le statut de Jérusalem avant de régler le conflit israélo-palestinien.

« Le Canada est un ami et allié fidèle de l’État d’Israël et un ami du peuple palestinien. Notre position de longue date est que la question du statut de Jérusalem ne peut être résolue que dans le cadre d’un règlement général du conflit israélo-palestinien.

Cela a été la position des gouvernements successifs, libéraux et conservateurs.

Nous demeurons fermement engagés à l’objectif d’une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient qui inclut la création d’un État palestinien vivant côte à côte avec l’État d’Israël dans la paix et dans la sécurité.

Nous continuerons à travailler pour la création d’un climat nécessaire afin que les parties trouvent une solution », a écrit M. Austen dans un courriel à La Presse.

À Suivre…

Amicalement De Louise

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