Lors d’une conférence à laquelle j’assistais, un prêtre, théologien de surcroît, affirmait que les athées (et les agnostiques) peuvent très bien avoir une spiritualité digne du plus grand respect.

Selon lui, la spiritualité n’est pas basée sur la croyance en Dieu, ce qui est plutôt le fait de la religion. La spiritualité correspond plutôt à une orientation positive envers la vie. Elle s’exprime en un désir de dépassement des lourdeurs de l’existence et en une recherche incessante du Beau, du Bien, du Vrai ; en une sensibilité au souffle vital qui porte en avant.

Cette conception de la spiritualité me rapproche des personnes qui adoptent une orientation spirituelle différente de la mienne. Elle confirme, de plus, le bien-fondé d’un programme spirituel qui peut se pratiquer avec ou sans un Dieu tel que nous le concevons dans la religion catholique. Elle donne raison à ceux et celles qui disent croire, par exemple, en la Vie plutôt qu’en un Dieu qu’elles n’éprouvent pas le besoin de définir.

On rejoint ici une observation qui a eu une grande importance pour moi au moment où je m’interrogeais sur l’opportunité de m’engager dans une voie spirituelle :

« (…) ne sommes-nous pas obligés de reconnaître qu’il y a des personnes qui parlent de leur vie spirituelle sans parler de Dieu ? La référence à Dieu serait donc une manière que nous pouvons privilégier et estimer la meilleure, mais seulement une manière de répondre à la quête de vie spirituelle. »[*]

Il n’est donc pas nécessaire de croire en Dieu et de pratiquer une religion pour mener une démarche spirituelle authentique. Celle-ci, par contre, ne se réalise pas d’elle-même. Il faut y travailler. L’approfondissement de la vie spirituelle et sa mise en œuvre exige qu’on la prenne au sérieux, qu’on en fasse un idéal à poursuivre, qu’on y consacre du temps de réflexion, qu’on suscite des prises de conscience, qu’on accepte des engagements.

Et c’est ici que la tradition religieuse peut être d’un grand secours. Toute religion, qu’elle soit chrétienne, catholique ou de n’importe quelle autre allégeance recèle un trésor d’expériences spirituelles vécues par les personnes qui nous ont précédées. Ces expériences ont été consignées dans des écrits, codifiées sous forme de doctrines et de dogmes, concrétisées en rituels et cérémonies, transformées en préceptes et conseils.

Il n’est pas toujours facile de découvrir la signification de ces pratiques et de ces discours, souvent issus des siècles passés et peu familiers à notre esprit moderne. Mais l’effort en vaut la peine, car la tradition religieuse offre une voie privilégiée, même si elle n’est pas unique, vers une spiritualité riche et féconde.

 


[*] Breton, Jean-Claude. Approche contemporaine de la vie spirituelle. Bellarmin, 1990, p. 16.

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La foi chrétienne revisitée - René Guindon

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