Il est une parole d’Évangile que j’apprécie particulièrement parce qu’elle redonne à la foi la dimension humaine qui lui revient. Elle est rapportée par saint Luc mais on en trouve aussi différentes versions chez les autres évangélistes :

Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente notre foi. » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous pourriez dire à cet arbre, ce mûrier : «Déracine-toi et va te planter dans la mer», et il vous obéirait. »[1]

Je (c’est Jésus qui parle) vous le déclare, c’est la vérité : si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous diriez à cette colline : «Déplace-toi d’ici à là-bas», et elle se déplacerait. Rien ne vous serait impossible.[2]

 Peut-être que j’en fais une lecture trop littérale, mais je retiens ici que ce n’est pas Dieu qui est à l’origine des prodiges annoncés, ni Jésus, mais un homme, un apôtre, qui met en œuvre sa foi, si minime soit-elle.

 Je me permets de rapprocher cette parole d’un récit de guérison dite miraculeuse. Il met en scène un mendiant aveugle qui interpelle Jésus à la sortie de Jéricho en criant : « Fils de David, aie pitié de moi ! ». Celui-ci lui répond : « Va, ta foi t’a sauvé ! ».[3] L’aveugle recouvre aussitôt la vue. On en conclut spontanément que Jésus a guérit l’aveugle, ou que Dieu, en passant par Jésus son Fils, lui a rendu la vue. J’y vois pour ma part, à tort ou à raison, une allusion à la puissance de la foi.

 La foi est une réalité humaine. C’est moi qui décide, en toute liberté, de croire en l’existence de Dieu, en sa présence et en son action. Pour arriver à cette décision, je fais appel à mon expérience, je mobilise mes facultés intellectuelles, je réponds à mon inclination personnelle.

 Est-ce que ma foi en Dieu me permet de déplacer des montagnes ? Des montagnes de pierre, non ; mais des montagnes de soucis, d’inquiétudes et d’angoisse, oui. Est-ce qu’elle peut me soulager de maladies et d’incapacités physiques ? Dans certains cas, peut-être ; les études ne manquent pas pour montrer l’effet positif de l’esprit sur le corps.

 Une chose est sûre, cette décision de croire en Dieu n’est pas sans effet sur mon être et sur ma vie. La foi transforme ma façon de penser, modifie mon échelle de valeurs, motive mes comportements. Ce faisant, elle me rend capable de choses qui m’étaient autrefois impossible. En ce sens, la foi exerce sa puissance en moi et par moi.


[1] Évangile selon saint Luc, chapitre 17, verset 5 et 6.

[2] Évangile selon saint Matthieu, chapitre 17, verset 20.

[3] Évangile selon saint Marc, chapitre 10, versets 46 à 52.

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La foi chrétienne revisitée - René Guindon

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