Mon petit-fils m’apprend fièrement qu’il fait partie de la crèche de Noël à l’église. « Laisse-moi deviner : entêté comme tu peux l’être parfois, je gage que tu fais l’âne » que je lui dis pour le taquiner. « Non, je fais un ange ! » réplique-t-il offusqué.

 Et nous voilà introduit au cœur de ce très beau conte de Noël mettant en scène un nouveau-né déposé dans la crèche d’une étable, sous le regard attendri de son père et de sa mère, réchauffé par le souffle d’un bœuf et d’un âne, entouré de bergers émerveillés, de rois mages admiratifs et d’anges célébrant par des chants sa louange et proclamant qu’il est Sauveur et Seigneur.

 Les enfants, on le comprendra, raffole de ce spectacle haut en couleur. Les adultes aussi, se souvenant de leur enfance ou participant à la joie des petits, se laissent volontiers toucher par cette atmosphère de réjouissance paisible entretenue par des chants et des airs nostalgiques.

 Cette commémoration un peu naïve de la naissance de Jésus qui, aux yeux de plusieurs ne sert qu’à faire vibrer nos cordes sensibles, revêt aux yeux des croyants une signification essentielle. C’est que les évangélistes Matthieu[1] et Luc[2], en élaborant ces récits plusieurs années après les faits, nous parlent de Jésus, le Christ, bien plus que des circonstances concrètes entourant l’arrivée d’un nouveau-né. En employant des techniques littéraires en usage dans ce milieu il y a deux mille ans, ils racontent une histoire capable de faire comprendre à leurs concitoyens qui est cet homme, familier des routes de la Palestine, porteur d’un message d’amour et d’espérance, qui a accepté de mourir sur la croix plutôt que de renier son enseignement.

 On découvre dans ces récits que Jésus est un homme semblable en tous points à ses contemporains : il est né d’une femme dans des circonstances qui, à l’époque, n’avaient rien d’invraisemblables, il a accompagné ses parents dans leurs pérégrinations, il s’est soumis aux rites et traditions de la religion juive. Mais en même temps, les évangélistes le présente comme étant tout autre que ses contemporains : des messagers de Dieu annoncent sa naissance et affirment sa divinité, les personnes laissent là leurs affaires et accourent à sa rencontre, il attire des visiteurs venus de très loin, il suscite la jalousie d’un tyran.

 Ces récits d’évangile soulignent ainsi, à leur manière, cette fantastique vérité de foi : Dieu s’est fait homme en la personne de Jésus ; en la personne de Jésus, l’humanité est élevée au rang de Dieu.

 Cela, à n’en pas douter, mérite d’être célébré ! Joyeux Noël à tous et à toutes !


[1] Évangile selon saint Matthieu, chapitres 1 et 2.

[2] Évangile selon saint Luc, chapitre 2, versets 1 à 20.

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La foi chrétienne revisitée - René Guindon

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