Tous les catholiques connaissent la prière qui commence par ces mots. La première phrase est tirée de l’Évangile selon saint Luc : Réjouis-toi comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ».[1] Certaines traductions disent plutôt : « Réjouis-toi ! Le Seigneur t’a accordé une grande faveur, il est avec toi » ou « Sois joyeuse, toi qui as la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi ».

La deuxième phrase, qui fait écho à la première, correspond au verset 42 de ce même Évangile. Élisabeth, accueillant Marie lors de sa visite, s’exclame : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! » ou « Dieu t’a bénie plus que toutes les femmes et sa bénédiction repose sur l’enfant que tu auras ! ». On simplifie parfois la tournure de phrase en disant « Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus ton enfant est béni ».

Cette prière à la Vierge Marie rappelle la conception surnaturelle de Jésus mentionnée dans le récit de l’Annonciation[2]. On y dit que l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu à une jeune femme nommée Marie, fiancée à Joseph mais encore vierge. Il lui annonce qu’elle mettra au monde un enfant en dehors des voies naturelles de la procréation : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu ».

De ce récit, nous retenons spontanément que Jésus aurait été conçu dans des circonstances qui défient les lois les plus fondamentales de la nature, c’est-à-dire sans l’apport d’une relation sexuelle. Mais ce n’est pas là le message essentiel. Quand l’évangéliste nous raconte l’annonce faite à Marie, il ne nous décrit pas un événement digne d’attention parce qu’il sort de l’ordinaire, comme le ferait de nos jours un journal à sensation. Il utilise plutôt cette allusion à une conception virginale pour nous dire sa conviction que Jésus, le fils de Marie, est le Fils de Dieu.

Voilà l’article de foi auquel conduit la prière à Marie. Il n’est pas facile pour notre esprit d’y adhérer. Les personnes qui ont côtoyé Jésus ont elles-mêmes mis beaucoup de temps à croire qu’il était Fils de Dieu, qu’il était Dieu et homme. Les disciples de Jésus et les premiers chrétiens, comme Luc qui écrit cet Évangile, ont acquis cette conviction petit à petit en voyant vivre Jésus, en l’écoutant parler et surtout en le voyant ressuscité.

Marie peut nous accompagner, à notre tour, dans ce cheminement de foi.

 


[1] Évangile selon saint Luc, chapitre 1, verset 28.

[2] Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 37.

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La foi chrétienne revisitée - René Guindon

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