Ma foi n’est pas acquise une fois pour toute. Elle doit être réaffirmée quotidiennement, renouvelée, approfondie. Pour cette raison, je me décris, avec d’autres, comme un « chercheur de Dieu ». Mais que signifie cette expression ? 

J’ai connu une personne qui, sous prétexte qu’elle cherchait Dieu, passait des heures à la bibliothèque, suivait des cours et assistait à des conférences, participait à différents cultes religieux, sollicitait l’avis de plusieurs maîtres spirituels. Cet homme vivait dans la fébrilité et dans l’anxiété. Tout en reconnaissant la légitimité de sa démarche, on peut douter de la valeur des moyens qu’il employait dans sa recherche de Dieu.

 L’évangile de Marc contient un récit qui peut nous éclairer sur la nature du cheminement spirituel qui conduit à Dieu[1].

 Nicodème est un savant juif, un docteur de la loi, un maître en Israël qui connaît parfaitement les Écritures et les enseigne. Pourtant, sa science ne réussit pas à le satisfaire. Il s’interroge. Qui est cet homme, Jésus, qui attire les foules, qui interprète les écrits sacrés à sa façon, qui fait des miracles ? Est-il un représentant de Dieu ? Peut-il nous conduire à Dieu ?

 Il se décide donc à aller rencontrer Jésus, de nuit. Pourquoi de nuit ? Sans doute par peur de l’opinion des gens. Après tout, Nicodème est un pharisien, membre de l’élite religieuse, estimé de ses collègues. Il ne veut pas être vu en compagnie d’un individu douteux, qui suscite la controverse. Il adopte une attitude qui ressemble beaucoup à la nôtre : il veut bien écouter Jésus, mais prudemment, sans s’engager trop vite.

 Jésus l’accueille plutôt froidement. Il coupe court à l’introduction emberlificotée qu’entreprend Nicodème et va droit à l’essentiel :

 « … à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu ».

 « Naître d’en haut », cela signifie entrer dans une vie nouvelle, celle de l’esprit. Une vie de foi où nous découvrons que Dieu est source de vie, d’amour, qu’il est tout près de nous, en nous. Si nous n’entrons pas dans ce mystère de la foi, nous restons loin du « Royaume de Dieu », c’est-à-dire de Dieu lui-même et du projet qu’il forme pour l’humanité.

 En somme, ce que Jésus enseigne ici à Nicodème, c’est qu’on n’entre pas dans la vie de foi par l’exercice de notre intelligence mais en accueillant avec humilité l’Esprit de Dieu.

 On ne cherche pas Dieu : on se laisse trouver par lui.


[1] Évangile selon saint Marc, chapitre 8, versets 3 à 9.

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La foi chrétienne revisitée - René Guindon

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