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Mardi le 16 mars, 2010 |
Champagne et Château
Depuis six ans, la Société de l’arthrite de Québec organise une soirée de levée de fonds au Château Frontenac où le chef Jean Soulard présente un repas TOUT CHAMPAGNE aux convives (autour de 350). La salle de bal, toujours élégamment et joliment aménagée, compte une trentaine de tables de 9 couverts (8 convives et un expert en dégustation).
L’expert en question est un habitué des dégustations, membre d’une ou plusieurs confréries bachiques, conseiller à la SAQ ou une personne ayant une excellente connaissance des vins en général et du champagne en particulier pour répondre à toutes les questions que se posent les convives; il peut être responsable de deux ou trois tables, faisant de brefs séjours à chacune, entre chaque service.
Avant le repas proprement dit, servi vers 19 heures, les participants peuvent goûter six champagnes, présentés dans trois «domaines » ou chapiteaux, situés dans les salons antichambres de la Salle de Bal du Château Frontenac. Dans les quelques minutes qui précèdent l’entrée, on offre également un assortiment de jolis et appétissants canapés.
Je donnerai, jeudi, la liste des 10 champagnes servis le soir du 20 février. Entre temps, voici quelques notes à propos de ce vin exceptionnel qu’est le champagne car, il ne faut pas l’oublier, le champagne c’est d’abord du vin.!
Le champagne, c’est à n’en pas douter, le plus célèbre et le plus prestigieux des vins; c’est le vin des célébrations, des naissances, des succès, des coups de chance, des mariages, des anniversaires spéciaux, des promotions, des retrouvailles, partout où règne la joie on trouve souvent le champagne; pour ma part, j’ai le goût d’ajouter : «et pourquoi pas simplement pour se faire plaisir?».
Dans ma présentation du champagne, lors des cours que j’ai donnés dans les années 1980. je déclarais : si la joie se fait rare, le champagne l’appelle, il l’engendre même et, par sa seule vertu, le champagne réconforte les affligés et les convalescents. Il suffit de le voir, blond et pétillant, vivre dans les flutes de cristal, pour se sentir beaucoup mieux… Alors, quand on le boit, il nous pénètre de sa jeunesse, de son allègre vigueur et répand sa gaieté généreusement.
Il faut se rappeler que les vins de Champagne avaient naturellement tendance à l’effervescence, au début de l’année suivant leur récolte, Dom Pierre Pérignon avait remarqué cette particularité. Toutefois, il ne faut pas oublier que les vignerons champenois eux mêmes, au cours des siècles, avaient bien observé leurs vignes et les vins qu’ils en tiraient; on le sait, les vignerons en ont pris grand soin, tant et si bien que le vin fragile produit au Moyen Âge était devenu un véritable feu d’artifice.
La vigne existait en Champagne dès le début de l’ère chrétienne, Pline n’a-t-il pas écrit, à ce propos : «les autres vins de la Gaule, recommandés pour la table des rois, ne sont-ils pas ceux de la campagne de Reims, qu’on appelle vins d’Aÿ?». Par ailleurs, saint Rémy qui a baptisé Clovis, à Reims, a laissé, par testament, presque tous ses biens à l’église de Reims, tout en réservant des parcelles de vigne à des prêtres, des parents et à certains de ses serviteurs.
C’est au XVIIe siècle que certains vignerons et amateurs, ayant constaté que les vins de Champagne produisaient souvent, en bouteilles, des effervescences agréables qui en accentuaient leur bouquet, décidèrent d’expérimenter et d’intensifier la fermentation en bouteille comme on le fait de nos jours; la formule était trouvée! Pour mémoire, rappelons que le champagne est le résultat d’une seconde fermentation, en bouteille, après l’ajout d’un mélange de vin, de levures et de sucre à un vin tranquille.
L’intérêt pour le vin mousseux remonterait autour de 1660 et on l’attribue à Dom Pérignon, même si certains auteurs avancent qu’il y a de nombreuses légendes autour de ce bon moine; ceci n’enlève strictement rien au célèbre cellérier auquel on attribue un sens du goût très particulier, phénomène rapporté par de nombreux témoignages de l’époque : Dom Pérignon goûtait des raisins et pouvait en déterminer la provenance et en proposer les assemblages… Tentez donc l’expérience|
J’ai déjà expliqué, ici même, les procédés d’élaboration du champagne. Je ne reviendrai donc pas là-dessus. Plutôt, je reproduis quelques lignes des commentaires que je donne aux convives, lors des soirées Tout Champagne, au profit de la Société de l’arthrite de Québec.
Une soirée tout champagne, c’est la gaité, la joie, la lumière
Mais ce n’est pas courant…
Le vin étant lui-même finesse et délicatesse
Le champagne suscite l’amitié, l’amour. la joie
Le champagne, est pétillant, étincelant, surprenant, en un mot : merveilleux!
C’est ce que je vous souhaite, aujourd’hui, cette semaine, pour Pâques
et durant toute votre vie!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
Officier de la Fratrie des Enchanteleurs de champagne
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