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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 09 mai, 2000
Lors du dernier salon des vins de Californie, il y a quelques semaines, j’ai pris plaisir à déguster quelques vins issus du «zinfandel», ce cépage exclusif aux États-Unis et principalement à la côte ouest. Malgré que bien des auteurs prétendent que les Californiens ne savent pas quoi faire de cette variété de vigne, j’ai pu constaté, en goûtant certains échantillons, que cette affirmation était en train d’être contredite.
On reproche aux Américains de ne pas trop savoir quoi faire avec le zinfandel. Je me rappelle que lors d’un voyage de presse d’une semaine, il y a quelques années, j’avais été abasourdi de constater que bien des producteurs se contentaient de faire du «white zin»; (là-bas, on donne le diminutif de zin au cépage zinfandel) et, curieusement, ce fameux white zin était rosé… c’est-à-dire le fameux blush américain. C’est, semble-t-il, le propre du cépage zinfandel de pouvoir produire des vins de plusieurs types. Mais, quant à moi, c’est comme vin rouge «bien élevé» qu’il est à son mieux.
Comme on le fait remarquer, les Américains ont adopté largement bien des cépages européens, notamment les français : cabernet sauvignon, merlot, chardonnay, sauvignon blanc, et autres, or, ils ont bien à eux, un cépage qui, bien traité et vinifié, donne de très beaux vins. C’est d’ailleurs ce que j’ai pu constater au salon des vins.
Pour revenir à l’histoire, ce serait autour de 1850 que le cépage serait apparu en Californie après quelques étapes plus à l’est, si on en croit Jancis Robinson, dans «Le Livre des Cépages» : «Le cépage est presque certainement arrivé en Amérique du Nord au XIXe siècle dans les bagages d’un émigrant débarquant sur la Côte Atlantique. L’historien Charles Sullivan a établi qu’il était passé de Long Island (New York) à Boston au début des années 1820 et qu’il a vraisemblablement été transporté par des pionniers, en compagnie d’autres cépages, à travers les Montagnes Rocheuses, puis jusqu’en Californie.»
Selon l’auteur citée, un pépiniériste, Antoine Delmas aurait expérimenté des ceps de primitivo. Toujours selon J. Robinson : «Les ampélographes (spécialistes de la vigne) ont maintenant établi que le primitivo des Pouilles (et peut-être aussi le plavac mali de l’ex-Yougoslavie) est le zinfandel.»
Lors du salon des vins de Californie, j’ai goûté (re-goûté, devrais-je dire), entre autres, le Madroña, Zinfandel El Dorado 1997, (858316 – 22,90 $ s.) Vin généreux, aromatique, épicé apte à vieillir. De même ai-je apprécié le Zinfandel Dunnewood 1996, Mendocino (371070 – 16,95 $ s.) fruité à souhait, saveurs de cerises noires, de framboises et autres fruits mûrs. – Aussi, le Buck’s Ten Point Zinfandel (873729 – 29,20$ s.) Généreux, puissant, offrant des saveurs de petits fruits macérés à l’eau de vie.
Fetzer, Gallo Turning Leaf, Woodbridge, présentent des zinfandels à moins de 15 $ en produits courants. Par contre, il y en a plus de 30 en spécialités, dont les prix varient de 20 $ à 45 $.
Faites l’expérience de ce vin spécial, souvent fort agréable qui, sans aucun doute, vous ravira, pour sa richesse aromatique et ses saveurs riches et généreuses de fruits rouges mûris. Servi légèrement rafraîchi, le zinfandel accompagnera les grillades sur le barbecue et les rôtis à la broche.
À la prochaine!
Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec,
jgjutras@videotron.ca
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