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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 19 juillet, 2005
Voici le 32e chapitre de ce que j’ai appelé « Mon Histoire du vin ». Commencée au début de l’année 2001, les chapitres se poursuivent paragraphes après paragraphes, lignes après lignes. Les données sont incalculables et sont régulièrement renouvelées au fil des ans. Les pays producteurs révisent leurs législations et les réglementations relatives au vin, de sorte qu’il faut être constamment à l’affût de ce qui se passe, d’autant plus que les agents promotionnels et la SAQ nous offrent constamment de nouveaux produits, ce qui nous incite, nous oblige, presque, à fournir des informations complémentaires. ---------- Voguons, maintenant, vers l’Italie – Quel bonheur!
N’est-ce pas que l’Italie est un pays ensorceleur et attirant ? Qui n’y est jamais allé ne sait pas ce qu’il manque et qui y a séjourné voudrait y être encore… c’est peu dire! L’Italie comme pays est déjà une curiosité par la conformation de sa géographe, cette ‘botte’ qui trempe dans l’eau… Mais la Péninsule est attachante, également, par ses produits, sa cuisine, ses vins évidemment et l’amabilité des gens.
Les vins d’Italie sont, dans la plupart des cas, bien agréables à tous points de vue, même si certaines régions viticoles sont plus réputées que d’autres. On verra, ci-après que chacune des vingt zones de production offre des vins tout à fait acceptables sans compter les grandes bouteilles.
On a vu, dans un chapitre précédent, les diverses classifications des vins italiens. Il faut avoir ces données en tête pour bien comprendre les produits de chacune des régions que nous nous apprêtons à visiter.
LE VAL D’AOSTE
Si on entre en Italie en venant de Suisse ou de France, c’est à dire, à l’extrême ouest, on doit absolument passer par une région exceptionnelle notamment quant à son site, ses paysages et tout l’environnement, dont la vallée, justement, fait plus de 100 km et fourmille de vie agricole, viticole et de mille autres richesses naturelles.
Le Val d’Aoste est la plus petite zone viticole d’Italie et ne détient qu’une seule appellation qui se multiplie, cependant, en une quinzaine de types de vins bien différents les uns par rapport aux autres.
Je doute que nous trouvions des vins de la Vallée d’Aoste au Québec. Je ne m’attarderai pas plus longtemps sur cette région. Pourtant, il faut que je vous reproduise ce qu’écrit Jacques Orhon dans son superbe livre « Guide pratique des vins d’Italie », publié aux Éditions de l’Homme et qui a été agréé par les Italiens eux mêmes qui ont demandé l’autorisation de le traduire en italien et de le publier dans leur patrie. « Hospitaliers, accueillants et fiers d’un environnement qui leur est propre, les Valdotains cultivent l’amitié comme ils cultivent leurs curieux cépages qui ont pour noms ‘blanc de Morgex’, ‘Vien de Nus’ ou ‘petit rouge’.
LE PIÉMONT
Si on utilise le nom français de cette région d’Italie, on comprend qu’elle est située au ‘pied des monts, en l’occurrence, les Alpes. Le Piémont qui occupe des pentes escarpées fort propices à la viticulture, voisine de ce fait la France, la Suisse et d’autres régions d’Italie dont le Val d’Aoste et la Ligurie.
Le sol du Piémont est composé en majeure partie de terre argileuse riche en calcium; le climat y est relativement frais, souvent brumeux ce qui apporte une humidité marquante; tous ces facteurs environnementaux font que le Piémont produit des vins haut de gamme.
En effet, le Piémont est la patrie de vins aussi peu semblables que le barolo et l’asti spumante. Le moscato est le principal cépage qui fournit la grande majorité des vins blancs qui comptent pour environ le quart de la production totale piémontaise; par contre, le nebbiolo (de nebia : brouilard en italien), est un superbe cépage rouge qui donne des vins parmi les plus renommés d’Italie, les deux DOCG : barolo et barbaresco.
Quant au barbera c’est le cépage rouge qui est le plus répandu, il engendre un vin réputé du même nom. Le Piémont compte une quarantaine de DOC.
La production piémontaise s’est élevée à plus des 3 millions d’hectolitres, en 1994-1995. Cette année-là le fameux mousseux asti spumante (spumante veut dire mousseux, en italien) a obtenu sa DOCG. L’asti spumante, peu alcoolisé, est élaboré en cuve close (voir un chapitre précédent sur les mousseux.)
LA LOMBARDIE
Entre le Piémont et le Trentin – Haut Adige, complètement au centre nord de l’Italie, jouxtant la Suisse romande, on retrouve une belle région de production, la Lombardie, patrie des franciacorta, valtellina et autres. On y produit plus de 500 000 hl de vins annuellement. Pourtant, on connaît peut-être mieux la capitale Milan, tant pour son ‘duomo’ que pour sa Maison d’Opéra, surtout. On dit souvent que c’est la région la plus industrieuse d’Italie, où la vie économique est intense.
Pour ce qui est de la vigne, la Lombardie est peut être moins connue que la Toscane ou les Pouilles ou que la Sicile et la Vénétie, mais on y produit, il faut le découvrir, des vins de très haute qualité. La Lombardie est divisée en trois sous-régions : Valtellina au nord, plus au sud on trouve les vignobles de Bergame, du Lac de Garde où des zones de productions ont noms de Valcalepio, Botticino, Lugana, etc.
Les vignerons de Lombardie auraient été parmi les premiers à constater que la qualité n’allait pas toujours avec la quantité aussi leur production est-elle de plus en plus raisonnable. Ces mêmes vignerons savent maintenant profiter des avantages que les équipements modernes apportent en complément des habitudes traditionnelles. - On aura plaisir à découvrir ou à regoûter de bons vins de Lombardie, peu nombreux mais
D’excellente qualité.
TRENTIN – HAUT ADIGE –
VÉNÉTIE –
FRIOUL VÉNÉTIE JULIENNE
Zone viticole composée de trois régions situées au pied des Alpes qui produisent surtout des vins blancs. Ainsi, en Vénétie, on trouve le soave, qui pourrait vouloir dire ‘suave’ mais qui en fait, énonce plutôt l’agréable environnement, Certains prétendent que dans cette région on trouve le meilleur et le pire. Le meilleur est un vin léger, fruité et charmeur, bien plaisant. La mention superiore annonce un degré supérieur d’alcool et un passage d’un an en fût.
Le valpolicella est le pendant rouge du soave. Si on trouve du valpolicella superiore on privilégiera le vin plus jeune. Le reccioto della valpolicella est une spécialité locale, issue de raisins passerillés, c'est-à-dire qui ont été desséchés à l’air. L’amarone est la version raffinée du reccioto où la fermentation se poursuit jusqu’à ce que tout le sucre soit transformé, le taux alcoolique peut atteindre alors 15°. Le valpolicella et ses «acolytes» sont issus d’assemblage de raisins locaux : corvina, rondinella, molinara, etc. Plusieurs amarone sont puissants, généreux, voie même surprenants pour les non initiés, mais quand on a appris à connaître… on en redemande!
À l’est du Lac de Garde, on trouve le bardolino, issu des mêmes cépages que le valpolicella, mais il est plus léger, plus fruité et plus guilleret que le précédent. Puis on trouve quelques autres vins vénitiens comme bianco di Custoza, breganze, etc.
Le Trentin – Haut-Adige n’est pas la région la plus réputée. La SAQ offre 6 ou 7 blancs de ce coin d’Italie et autant de rouges, la grande majorité dans les succursales où on offre des spécialités, sont les alto adige, trentino et autres.
Par contre, on trouve un peu plus de produits de la région jumelée du Frioul – Vénétie Julienne, dont certains arborent l’indication IGT (indicazione geografica tipica). Les principales zones de production sont Collio Goriziano et Colli Orientali del Friuli.
Je vous recommande particulièrement les pinot grigio (pinot gris) d’un agréable parfum, d’une souplesse engageante et bien agréable, à servir à l’apéritif ou sur des entrées de fruits de mer.
À une prochaine.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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