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| Il y a longtemps, longtemps... |
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Mardi le 18 décembre, 2007 |
Il y a longtemps, longtemps, dans la commune de Crêches-sur-Saône, en Beaujolais, les « crus » décidèrent de fêter Noël, à leur façon. Le nom même du patelin, situé un peu au sud de Mâcon, avait incité les seigneurs du Beaujolais, à fêter l’Enfant-Dieu qui, on se le rappelle, était né justement dans une crèche, bien loin de la France, cependant, puisque c’était à Bethléem, en Judée.
Qu’à cela ne tienne, se dirent Juliénas, Fleurie et Chiroubles, Jésus acceptera sûrement de venir chez nous, cette année, même si c’est Bacchus qui, depuis toujours,
souffle son vent chaud, aux effluves de gamay, sur les bords de la Saône, lieu mythique
où le généreux cépage est le digne représentant du dieu de la vigne et du vin et qui engendre les 12 apôtres beaujolais, le beaujolais, les villages et les dix crus.
Trois compères de concert
Les trois compères informèrent les autres crus de leur projet de fêter Noël dans les généreuses vignes de gamay. C’est ainsi que Chénas, St-Amour, Morgon, Moulin-à-Vent, Côte de Brouilly, et le dernier né, Régnié, sans oublier, évidemment, un des plus prestigieux, Brouilly furent affranchis et endossèrent l’idée géniale de fêter Noël. Allait-on inviter le Père Noël? C’est ce qu’on verra plus loin.
Château de PIERREUX
Car, pour l’heure, il m’importe de vous raconter, à propos de Brouilly, que j’ai ey le privilège, récemment, de découvrir un brouilly tout à fait exceptionnel, le Château de Pierreux; bien sûr, on le sait, « Brouilly » est un des dix crus du Beaujolais. Avec une superficie, en vignes, de 1 280 ha, répartis sur 6 communes, le BROUILLY est le plus important et le plus grand des dix crus, il représente 10% de la superficie du terroir des dix crus.
« Beau et bon cru du Beaujolais
Rouge rubis prononcé et racé
Onctueux et fastueux
Unique et tonique
Inimitable et délectable
Long en bouche
Et large de cœur
Voyez-y, comme nous, le bonheur! »
Et le château…?
Pierreux, c’est le nom du brouilly que l’agence Charton-Hobbs m’a permis de découvrir il y a quelques jours, au restaurant L’Échaudé de Robert Plamondon, 73, du Sault-au-Matelot, à Québec. Le brouilly Château de Pierreux, a été louangé par la plupart des chroniqueurs en vin du Québec. Comme ils avaient et ont raison.
Celui qui a présenté et commenté ce magnifique vin n’est nul autre que « son père », Patrick Monternier, régisseur du domaine depuis près de 30 ans; et, qui dit régisseur, dit responsable de TOUT, depuis la plantation des ceps, jusqu’à l’embouteillage et à la mise en marché, en passant par la culture, les soins à donner aux vignes, les vendanges, etc. etc.
Le vin de Pierreux se pare d’une livrée rouge sombre, le nez et la bouche présentent des saveurs et des arômes attrayants, complexes et généreux de petits fruits agrémentés de touches de fleurs et d’une petite pointe épicée.
On pourrait servir le brouilly Château de Pierreux tout au long d’un repas, mais c’est certainement avec des viandes froides ou des grillades… qu’il est dans la note. Le Pierreux se conserve 5-6 ans, mais pourquoi attendre alors que déjà le 2006, est prêt à boire, servi autour de 15-16° c. (10754421 – 19,85$),
Le Noël de Crêches-sur-Saône
Je vous reviens à la folle aventure des crus du Beaujolais… Les dix crus du Beaujolais ne perdirent pas de temps. Ils voulaient bien faire les choses et montrer au monde entier qu’en Beaujolais, on pouvait tout autant que les grands Châteaux de Bordeaux ou les immenses domaines de Bourgogne et des Côtes-du-Rhône, tout comme les entreprises viticoles du monde entier, souligner la Nativité et festoyer àa l’envie. Car le beaujolais récrimine contre le manque de considération de trop de supposés connaisseurs qui lui chicane sa popularité.
Certains et même convaincus qu’il s’agissait d’un événement unique qu’on ne reverrait peut-être plus, les dix crus échafaudèrent une fête, une grande fête, pour rappeler, à leur façon, la genèse du Beaujolais, reliée à la Nativité. Car, on l’ignore, peut-être, mais la naissance de l’Enfant Jésus est de très près liée à l’apparition du Beaujolais, sur terre.
Un grand BOUM!!!
J’allais échafauder un mystérieux et merveilleux conte, lorsque j’entendis, à l’extérieur, une détonation, que dire, un coup répété du tonnerre. C’est rare, mais il arrive que même en hiver, il puisse y avoir des orages électriques avec éclair et coups de tonnerre. C’est ce qui s’était passé cette nuit-là, alors que je rêvais aux célébrations organisées par les dix crus du Beaujolais, pour marquer Noël.
M’étant réveillé avant de connaître les intentions de Morgon, Chénas et Moulin-à-Vent, on ne saura peut-être jamais la fin de l’histoire, à moins que visitant le château de Pierreux, en Brouilly, j’apprenne ce qui s’était passé, cette année-là, à Crèches-dur-Saône. On verra une autre année où pourrait nous amener le Père Noël.
Mes vœux,,
Je ne vous en souhaite pas moins un très joyeux Noël, et un temps des fêtes marqué de beaucoup d’amour, de paix et de bonheur. Je saute une semaine, on se retrouvera donc le 8 janvier. Entre temps, profitez bien des belles choses de la vie, découvrez de bons vins d’où qu’ils viennent.
N’oubliez cependant pas que bien des humains n’ont même pas de quoi casser la croûte. Peut-être pourrait-on donner la valeur d’une bouteille de Château de Pierreux (moins de 20$), pour donner un peu de pain et de beurre à celles et ceux qui n’en ont pas!
Joyeux Noël et à jeudi pour des suggestions.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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