Accueil Jean-Gilles JUTRAS - Les potins de Bouteille Il y a 21 ans — Il y a 40 ans

Il y a 21 ans — Il y a 40 ans

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Il y a 21 ans, plus précisément le 26 avril 1986, j’écrivais, dans le quotidien LE SOLEIL, de Québec, que j’avais eu l’occasion de rencontrer Christian MILLAU, un des fondateurs du magazine Gault-Millau qui a été pendant de nombreuses années, une des références pour les amateurs de vin.

Ce jour-là, dans Le Soleil, je rappelais que monsieur Millau avait jadis écrit : « Il faut observer le vin, le regarder, essayer de le comprendre… et imaginer que cela peut toujours être différent. D’une année à l’autre mais même aussi, d’un verre à l’autre. On ne peut émettre des lois et des procès-verbaux. Le vin c’est, avant tout, la passion. »

Après cette citation, je continuais mon papier en ces termes : « Je me demande, avec ce que nous vivons présentement, si on peut toujours parler de passion ou encore si nous aurons, dans l’avenir, les moyens de continuer à mieux connaître ce fruit de ladite passion?

Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et cesser de récriminer continuellement. Quoiqu’il en soit, pour les véritables amateurs, rien n’empêchera de déguster, aussi souvent que possible, une bonne bouteille, en se rappelant les jours heureux où nous en avions deux pour le prix d’une seule aujourd’hui. » (notez, c’était en 1986 – les prix n’ont pas diminué, loin de là, mais il semble bien que nous soyons maintenant immunisés, car les ventes ont allègrement progressé, la SAQ a annoncé, ces jours-ci, des profits de plus de 700 millions de dollars).

Le vins est vivant

Je ne me rappelais pas d’avoir écrit cette affirmation pourtant très connue. C’est dans le même article du 26 avril 1986, que je retrace ces propos alors que je continuais ma réflexion en précisant : « Non pas absolument dans le sens qu’on donne à un être capable de se régénérer, mais plutôt dans le fait que le vin est un milieu vivant qui continue à évoluer même après qu’il ait terminé sa vie tumultueuse des diverses fermentations….

(je ne suis pas entré dans le détail).
Je poursuivais comme suit: « Il faut savoir que le vin peut avoir des réactions souvent imprévisibles, dans certaines circonstances. Aussi, pour conserver convenablement de belles bouteilles de vin, il faut un endroit calme, de l’obscurité, une température le plus uniforme possible.

Comme le vin contient des éléments qui peuvent évoluer avec le temps et selon les circonstances, il faut prévoir un certain nombre d’éventualités.

Ainsi, je déconseille d’acheter un vin d’une certaine qualité (on ne parle pas ici des vins de consommation courante toujours populaires) mais un château ou un domaine précis, pour le boire dès le prochain repas.

Le vin subit par la manipulation, des secousses qui peuvent carrément le perturber. Il est donc souhaitable et préférable de conserver une vingtaine de bouteilles variées pour les diverses occasions qui se présentent et de les remplacer au fur et à mesure que vous les consommez; ainsi aurez-vous des vins prêts à vous donner satisfaction, quand besoin est.

Je reviens sur le fait que ces précautions valent pour les vins d’appellation d’origine contrôlée de haute qualité. «Non pas que les vins de consommation courante ne méritent pas tout autant d’attention, poursuivais-je, mais ils sont moins fragiles et ne subissent pas, comme les premiers, les contrecoups du transport et de la manutention».

40 ans

On rappelait, hier, vendredi 27 avril, qu’il y a quarante ans que s’ouvrait, à Montréal, un des événements parmi les plus marquants du 20e siècle : L’Exposition mondiale et universelle de Montréal, TERRE DES HOMMES. On a rappelé bien des faits entourant cette « Aventure » merveilleuse. Pour ma part, je persiste à dire que l’Expo ’67 a offert le monde gastronomique au Québec et que les Québécois ont alors découvert ce qu’était la fine cuisine des peuples du monde entier de même que des vins de tous les horizons.

L’évocation de l’Expos ’67, me ramène en mémoire des aventures gastronomiques, aux pavillons de la France, de l’Italie, de la Suisse, du Maroc, de l’Australie, entre plusieurs autres. On voudrait revivre ces mêmes péripéties qu’on ne le pourrait sans doute pas. Heureusement, il nous reste de belles et savoureuses réminiscences.

J’ai souvenir, entre autres faits, que c’est au Pavillon du Québec, que j’ai découvert le KIR, l’apéritif devenu international et qui fut si populaire.

Il s’agissait, comme on l’a appris depuis, de vin blanc, en général du bourgogne-aligoté, aromatisé à la crème de cassis. Un bon ami à moi, Me Mario DuMesnil, gastronome réputé, m’avait appris, ce jour là, que cette boisson s’appelait, au début un « blanc cass’ ». C’est par la suite qu’on lui accola le nom réputé de KIR, en souvenir du chanoine Félix Kir, curé et maire de Dijon, député et même président de l’Assemblée Nationale de France. Quand il recevait à la Mairie de Dijon, le chanoine Kir faisait servir du « blanc-cass’ » pour aider les producteurs de sa paroisse.

En fin de semaine, revenez à cet apéritif et servez-vous de même qu’à celles et ceux qui partageront votre table, un KIR bien frais, composé d’une bonne rasade de bourgogne aligoté et de quelques cuillerées de crème de cassis, (pas de sirop) notamment celle de la famille Monna, de l’Île d’Orléans « L’Ile Ensorceleuse », 10381661 – 22,25$ (375 ml). Quant à l’aligoté, la SAQ en offre plusieurs à moins de 16$.

Bonne fin de semaine

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec

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