Accueil Jean-Gilles JUTRAS - À la découverte Le Canada – 46e chap. Histoire du vin

Le Canada – 46e chap. Histoire du vin

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LE CANADA

Quand je donnais des cours sur le vin, il y a une bonne vingtaine d’années, on avait peu à dire sur les vins du Canada, même si on aime rappeler que Jacques Cartier avait baptisé Isle de Bacchus, le lieu connu aujourd’hui sous le nom
d’Île d’Orléans, un peu à l’est de la Capitale Québec. Cette désignation de Jacques Cartier, en 1535, faisait référence aux très nombreuses vignes trouvées pas le découvreur, à sa descente sur l’île, mais ces vignes n’étaient pas vinifiables comme on a pu le constater, par la suite, ces vignes étant du type vitis riparia

On sait, maintenant, que les vignerons du Québec ont adopté certains des ceps qu’avait minutieusement préparés, dès 1947, un homme réputé jadis, le professeur et agronome J.-O. Vandal de l’université Laval, selon Georges Masson, dans son livre « Vigne et Vin au Canada », paru en 1983. Peu de gens se souviennent que dans les années 1970, Michel CROIX avait créé, à Saint-Bernard de Lacolle, « Les vignobles du Québec », très beau domaine situé à proximité de la frontière avec les États-Unis, malheureusement les pieds de vignes importés de France, n’ont pas résisté aux gelées, une dizaine d’années plus tard. À l’époque ;es produits des Vignobles du Québec étaient disponibles dans les succursales de la SAQ. Il importe de préciser que Michel Croix s’était obstiné à planter des vignes importées, du type vitis vinifera, non résistantes aux basses températures qui prévalent au Québec.

Bien du chemin a été parcouru depuis et, de nos jours, on connaît les vins du Québec, produits dans les Cantons de l’Est, en Montérégie et dans plusieurs autres régions; un temps, il y eut un vignoble assez bien organisé, à Charlesbourg, Bourg-Royal, une coopérative de vignerons amateurs, dirigée par Gilles Rondeau. On ne peut ignorer les réussites de nos valeureux viticulteurs de vignobles réputés: l’Orpailleur, le Cep d’Argent, le Vignoble de l’Isle de Bacchus, celui de Sainte-Pétronille et de nombreux autres dont certains des produits, notamment les vins de glace, sont fort prisés et s’arrachent moult décorations dans des concours internationaux.

Dans les autres provinces

Aujourd’hui, l’Ontario prend une place de plus en plus importante. Le regroupement des maisons Bright’s, Inniskillin, Jackson-Triggs et autres, sous la banière de Vincor Canada, montre une volonté de regrouper les forces pour prendre une large part du marché. Les vins de l’Ontario sont de plus en plus en mesure de satisfaire les amateurs, pour autant que ceux-ci les prennent pour ce qu’ils sont. Certains vins n’ont rien à envier à quiconque.

Vincor s’est associé, il y a quelques années avec Boisset, une célèbre maison de Bourgogne. Aujourd’hui, les premières bouteilles du Clos Jordanne sont présentes sur les tablettes de la SAQ. Il semble y en avoir un peu partout en Province. Visitez le site de la SAQ pour savoir si vous en trouverez près de chez vous.

Le Château des Charmes, de Paul Bosc (un «Pied-Noir» des plus aimables) fait aussi de beaux et louables efforts. Il faut absolument visiter ce «domaine» à la française. L’Ontario est à se tailler une place enviable avec ses ice-wines qui remportent médaille sur médaille dans tous les concours où ils se présentent.

La Colombie-Britannique jouit d’un climat favorable plus que n’importe où ailleurs au Canada, peut-être. Ce n’est pas pour rien que le groupe VINCOR s’est associé aux amérindiens de là-bas, pour exploiter un vignoble, dans la vallée d’Okanagan, qui compte environ 6 500 ha de vignes, par ailleurs. Toujours, en Colombie-Britannique, Vincor s’est aussi associé au Groupe français Taillan pour produire l’Osoyoos Larose, dans la vallée de l’Okanagan, une découverte des plus attrayantes.

Il y aurait des vignes plus près de l’Atlantiques, en Nouvelle-Écosse, notamment, mais c’est peu connu et il semble qu’on n’aie peu de renseignements à ce sujet. Si, certains peuvent m’affranchir, je serais heureux d’en faire part, par la suite.

De Cartier à l’Orpailleur

Saviez-vous que c’est Gilles Vigneault qui avait proposé le nom de « Orpailleur » pour désigner un des premiers vins du Québec. Le vocable désigne le chercheur qui lave le fruit de ses fouilles pour en extraire l’or. C’est bien ce qu’ont fait les pionniers vignerons du Québec et même de toutes les régions du Canada.

Donc, Jacques-Cartier avait désigné Isle de Bacchus le lieu appelé maintenant Île d’Orléans, mais on n’a pu faire de vin avec les raisins sauvages qui y poussaient. Il y eut de nombreuses autres expériences qui ont, comme on s’en doute, plus ou moins réussi du fait qu’on ne plantait pas les bons cépages. Avec les hybrides mieux connus de nos jours, on réussit à faire de bons vins. La preuve en fut encore apportée, récemment, lors du dernier concours de la Coupe des Nations qui eut lieu à Québec, en avril dernier et dont il fut question ici même.

Il ne fait aucun doute que les vignerons d’ici ne « lâcheront pas » de si tôt, à moins que comme Victor Dietrich, un des pionniers qui a œuvré pendant une vingtaine d’années, la santé fasse défaut et que la maladie l’emporte. On se rappellera sans doute fort longtemps ce grand gaillard sympathique, Alsacien d’origine, comme son épouse Christiane Jooss, qui avaient tous deux créé de peine et de misère, à Iberville, en Montérégie, un très beau vignoble, le domaine Dietrich-Jooss, qui commençait tout juste à porter ses fruits. Malheureusement, tout cela est du passé, le vignoble est aujourd’hui disparu avec son fondateur.

On poursuivra sous peu, les notes sur les dernières régions viticoles non encore visitées.

Salut, à bientôt

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec

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