Accueil Jean-Claude Dupras Une projet réel pour un gouvernement minoritaire!

Une projet réel pour un gouvernement minoritaire!

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Il y a quelques jours, devant un auditoire universitaire à l’école des Hautes Études Commerciales de Montréal, Jacques Parizeau, l’ex PM du Québec, le plus souverainiste des souverainistes, mais surtout un brillant économiste, est revenu sur la thèse qu’il a toujours défendue à l’effet que la prospérité du Québec passe par sa productivité et l’innovation.

Je ne peux être plus d’accord avec lui. Autant je ne partage pas sa vision future pour la politique québécoise, autant j’ai un grand respect pour les qualités professionnelles de cet homme intelligent.

Aujourd’hui, il voit l’économie québécoise à la croisée des chemins et constate le retard dans l’éducation de notre peuple et dans le développement économique de notre province.

La montée du dollar US des années récentes a bien mis en évidence l’ampleur du problème. Les nouvelles entreprises, l’augmentation des ventes, des exportations, la baisse du niveau de chômage se sont vite évaporées suite à la diminution de notre compétitivité financière.

Plusieurs entreprises, industries qui vivaient ce Klondike ont dû fermer leur porte. Tout allait si bien, quelles avaient négligé de se tenir à la fine pointe de la technologie et n’ont pu ainsi faire face au choc du futur.

Parizeau l’a bien compris et souligne, entre autres, qu’un des problèmes de notre gouvernement québécois est de n’avoir rien fait, depuis 25 ans, sauf « éparpiller de petites mesures fiscales à chaque discours du budget » pour stimuler l’innovation et la productivité.

Il ne voit pas de plan d’ensemble depuis qu’il a été ministre des finances. Je ne crois pas qu’il cherche à se disculper, car il a été un très bon ministre des finances après avoir été un sous-ministre exceptionnel de ce ministère sous plusieurs gouvernements qui ont précédé celui de René Lévesque.

Il déplore un manque de « vision d’ensemble ». Cela est d’autant plus nécessaire aujourd’hui car le phénomène de la mondialisation mène la vie économique.

Le « gaspillage de nos ressources humaines » que sont le décrochage scolaire et le manque d’effectifs pour les programmes de formation technique fait en sorte que près de 25% des jeunes québécois n’ont pas de diplôme en sortant de l’école. Le manque d’orientation réaliste des jeunes étudiants, collégiens et universitaires, ne les prépare pas et ne les dirige pas vers les domaines où la demande est grande.

Parizeau propose, avec raison, un « plan majeur » pour redresser la situation. Cela va coûter cher mais si c’est le prix à payer, il faut le payer. Il rappelle que la révolution de l’éducation des années 60 a « coûté les yeux de la tête » et que l’adoption de « la loi 101 a introduit des contraintes inédites ».

Il s’en prend à ceux qui veulent rembourser la dette au lieu de financer davantage l’éducation. Je suis d’accord avec lui et je l’ai exprimé dans mes chroniques passées lorsque je commentais les politiques de remboursement de la dette fédérale d’ici 15 ans, comme le propose le ministre canadien des finances. C’est une approche qui ne tient pas compte des problèmes d’aujourd’hui et de demain du Canada et du Québec. J’opterais pour un remboursement partiel mais pas total.

Je déplore aussi les milliards de $ que le gouvernement Harper dépense avec sa politique militariste et inutile en Afghanistan alors qu’il pourrait accorder, avec cette argent, des points d’impôts au Québec pour qu’il recueille l’argent nécessaire à un système d’éducation de qualité pour tous les Québécois. Il est aussi important de donner des fonds à la recherche scientifique, qui nourrit l’innovation et par conséquent la croissance.

« Il faut que les ressources supplémentaires, dont on a besoin de façon urgente, soient essentiellement consacrées », dit Parizeau, « à la recherche, au génie, à la médecine, aux biotechnologies, à l’informatique et à tous ces secteurs qui sont les principaux vecteurs de l’innovation et de la productivité ».

Il nous faut être compétitif si on veut survivre et avoir une société prospère. Le Canada doit être de plus en plus intégré économiquement pour se protéger contre la mondialisation. Le gouvernement de notre pays doit reconnaître les problèmes particuliers des provinces et leurs capacités individuelles, particulièrement ceux et celles du Québec, pour qu’elles résistent et profitent de la mondialisation.

Jacques Parizeau réclame un grand « plan d’ensemble », qui, une fois établi, devra être bien suivi et respecté. C’est un grand et réel projet pour un gouvernement minoritaire car il nécessite la compréhension, l’ouverture d’esprit, la bonne foi et l’effort de tous les hommes et toutes les femmes politiques de tous les partis. Notre survie en dépend.

J’espère que le nouveau gouvernement du Québec l’approuvera et sera appuyé par tous les députés unanimement.

Claude Dupras

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