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Les pisse-vinaigre

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Depuis l’assermentation de Nicolas Sarkozy comme président de la république française, et celle de son cabinet, la gauche française démontre qu’elle a toujours sa défaite de travers dans la gorge. Elle réagit mal, amèrement et se montre mauvaise perdante.

Le premier secrétaire du Parti Socialiste, François Hollande, qui en fait en est le chef, ne lance que des quolibets injurieux et ironiques envers Sarkozy et les individus choisis pour remplir les tâches importantes du nouveau gouvernement de la France.

Les journaux et magazines de gauche : Libération, le Nouvel Observateur, Marianne et d’autres ; l’accompagnent avec leurs articles tendancieux et jouent le jeu de sa petite politique.

Cela me surprend, car au Canada et au Québec, même si nous ne sommes pas en accord avec l’élection d’un individu ou d’un parti politique, nous nous rallions puisque nous respectons le vœu de la majorité.

Nous reconnaissons qu’il faut donner une chance au coureur et qu’il y aura toujours un temps pour critiquer. Ce sens de « fair-play », nous l’avons acquis de nos concitoyens anglais.

On sait que le nouveau président, malgré la grande victoire de sa formation politique, a choisi des gens de la gauche et du centre pour faire partie de son premier cabinet de ministres. Il l’avait promis, en période électorale.

Face au choix des nouveaux ministres Bernard Kouchner, Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch, gens de gauche, Hollande et ses amis ont utilisé des mots surprenants : traître, débauchage, braconnage à gauche, manquement à la morale politique, pseudo ouverture, compromission, prise de guerre, détournement, captation des consciences, amalgames, attitude lamentable, électrons libres, de faux socialistes et encore…

Celui qui reçoit les pires attaques est Bernard Kouchner, le plus populaire des socialistes français, nommé au poste important de ministre des affaires étrangères de la France. Le lendemain de sa nomination, le journal Libération titrait « L’ex-socialiste à l’égo hypertrophié veut croire qu’il est indispensable ». Et, il ajoutait qu’il est « un tiers mondiste et deux tiers mondain », un traître à son parti et à son histoire, a une tendance à jouer « perso », un salonnard, un beau parleur, léger, etc…

Il oublie vite que Kouchner fut volontaire pour la Croix Rouge au Biafra en 1968; qu’il a affrété, avec des amis, en 1979 un cargo pour recueillir des Vietnamiens « les boat people » qui fuyaient leurs pays dans des embarcations de fortune; qu’il créa « Médecins sans frontières en 1970; qu’il lança en 1992, son projet « du Riz pour la Somalie » pour sauver une population à bout de forces; qu’il réussit, dès 1992, à forcer le blocus de Sarajevo pour y apporter des aides humanitaires; qu’il poussa la France à obtenir, du conseil de sécurité de l’ONU, l’instauration d’une zone kurde dans le nord de l’Irak; qu’il fut chef de mission des Nations Unies au Kosovo en 1999. Voilà l’homme choisi par Sarkozy pour devenir son ministre des affaires étrangères et sali par ses amis de la gauche.

Il en est de même pour les autres : Besson est l’ancien expert économique du Parti Socialiste; Jouyet, proche d’Hollande et Ségolène Royal, a été un haut fonctionnaire prestigieux et président de la Barclays Bank France; Hirsch était l’ex président d’Emmaüs qui a remplacé l’abbé Pierre. Ce sont des gens sérieux, généreux, expérimentés et prêts à servir leur nation. Pourtant, Hollande les qualifie de « traître ».

Ce dernier me fait penser à l’époque du parti socialiste et communiste stalinien durant laquelle la dissidence n’était pas acceptée. Les critiques et opposants au pouvoir, que Staline qualifiait de traître, étaient arrêtés et envoyés dans les goulags de Sibérie.

Hollande et les dirigeants du Parti Socialiste devraient reconnaître qu’ils sont les seuls responsables de leur situation actuelle. Ils n’ont pas su moderniser leur parti depuis 2002 et n’ont pu définir clairement des politiques capables de coller à la réalité de la France d’aujourd’hui et des prochaines années.

Ils se doivent de reconnaître, ouvertement, que leur parti a manqué de cohésion, d’unité d’action et de motivation, non seulement pendant la période électorale mais bien avant. « On ne peut pas perdre ! » se disaient-ils, en s’hypnotisant eux-mêmes.

L’image actuelle du Parti Socialiste, suite à sa défaite et à l’attitude de ses dirigeants face au président Sarkozy, est déplorable et ne joue pas à son avantage. Tout cela tombe bien mal puisque les Français doivent élire, le 17 juin prochain, les députés de leur nouveau gouvernement.

En continuant à critiquer sans raison et en prétextant « qu’il faut voter socialiste pour avoir une opposition, un contre-pouvoir … » tout en oubliant d’être ouvert, réaliste et en ne présentant pas de programme politique, les candidats socialistes sont voués à l’échec. Je crois qu’ils ne remporteront pas plus que 25% des sièges de députés.

Le Parti Socialiste n’aura qu’à se blâmer. Jouer les pisse-vinaigre n’est pas une façon de gagner des votes.

Claude Dupras

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